Le cross-country français franchira les Alpes armé de modestie en vue des championnats du monde de cross-country qui auront lieu dimanche à Turin, dans la campagne piémontaise.
LES SENTEURS des pinèdes de Moliets, où le groupe français était en stage la semaine dernière, n'ont pas eu pour effet de tourner la tête aux dirigeants et aux athlètes. « Malgré la bonne tenue du stage, il convient d'avoir des objectifs modestes pour ce championnat », a souligné François Juillard, le Directeur technique national, effectuant son ultime déplacement en qualité de DTN. Dans les sous-bois landais et également sur la piste de Dax, les stagiaires ont peaufiné leur condition et fait en sorte de renforcer un esprit de solidarité, essentiel dans ce genre de rendez-vous. Les Tricolores chercheront donc à compenser le manque relatif de force sur le terrain par un esprit de corps susceptible d'amener à des résultats encourageants par équipes. C'est en effet dans ce secteur d'équipes que la France recherchera son salut, après l'étonnant titre européen féminin signé à Charleroi. « Nous aurons toujours cette carte de la formation féminine à jouer. Mais, ce sera dans une tranche située entre les 3e et 7e places alors que Farida Fatès pourrait prétendre jouer un rôle aux alentours de la 15e place, observe le Clermontois. Chez les hommes, en revanche, il sera beaucoup plus difficile de figurer.» François Juillard émet d'autant plus de réserves que le parcours ne devrait pas avantager ses protégés.
AMBITIONS POUR TAHRI
« Les Français auraient davantage réussi dans des conditions typiques de cross avec de la pluie et de la boue sur un parcours plus accidenté que sur celui qui nous attend où l'on peut notamment prévoir un temps doux, insiste l'Auvergnat. Dimanche, nous risquons de nous rapprocher de conditions plus proches des courses sur route...» Quoi qu'il en soit, Mustapha Essaïd, 3e à Charleroi, et Yann Millon (8e), un moment incertains respectivement en raison d'une tendinite et d'obligations professionnelles dues à un statut de pompier, seront présents dans le sillage d'Abdellah Behar, le champion de France qui, contrairement aux autres années, ne s'est pas dispersé. Les couleurs nationales seront donc en retrait dans les deux courses, lesquelles devraient, bien-sûr, se résumer à un duel Kenya-Ethiopie. Cependant, un garçon pourrait réchauffer le coeur de François Juillard avant que celui-ci ne reprenne le chemin de ses montagnes : Bob Tahri, 2e du cross européen juniors, qui devrait nourrir de hautes ambitions. « Il faudra le suivre en particulier », confie le DTN. A son évocation, ce dernier ne peut s'empêcher de penser au Kenyan Sigeï, lequel avait conquis le titre mondial seniors alors qu'il n'était que junior.
Mustapha Essaïd, troisième des championnats d'Europe, reprendra du service en équipe de France demain à Turin.
(dr)











