Au moins 200 Lorrains ont été victimes d'escrocs allemands qui leur vendaient « du vent » pour la somme de 20 000 F lors de réunions dans des hôtels de luxe.
Deux responsables d'une escroquerie qui a fait 200 victimes en Lorraine ont été mis en examen pour escroquerie et travail clandestin et écroués. Un complice a été placé sous contrôle judiciaire. « Pour 20 000 F, l'escroc proposait une carte d'adhérent d'une société fictive et des stages de formation pour transformer les victimes en vendeur de vent pour le compte de cette entreprise », a expliqué un gendarme chargé de l'enquête à la brigade de recherches de Forbach. La Sunshine Corporation International (SCI) avait franchi le Rhin fin mai, après avoir sévi en Allemagne pendant plusieurs mois et avoir floué plus d'un millier de personnes. « Comme en Allemagne, la SCI a organisé des réunions dans des hôtels de luxe où les escrocs, en costumes impeccables, arrivaient au volant de superbes voitures pour mieux faire miroiter les délices de la fortune à l'assistance », a poursuivi l'enquêteur. Après avoir déposé les 20 000 F sur la table, les « investisseurs » s'engageaient à « racoler » de nouvelles victimes avec un bénéfice assuré de 10 000 F par tête. Selon la brigade de recherches, la difficulté de l'enquête réside dans la « métamorphose » de la victime en escroc : « Certaines de ces victimes ont gagné beaucoup d'argent en deux mois. Toutes n'étaient peut-être pas conscientes de faire quelque chose de répréhensible, mais aucune ne s'est pressée de déclarer les sommes perçues ». Le directeur de cette société fantôme, âgé de 28 ans et sa complice, 22 ans, ont été écroués, le premier à Sarreguemines, la seconde à Metz. Une troisième personne, âgé de 27 ans, l'organisateur des réunions, a été placé sous contrôle judiciaire. Selon Martine Mérigeau, directrice d'Euro-Info, agence franco-allemande d'information et de conseils aux consommateurs créée en 1993, cette affaire s'ajoute aux cinquante-trois dossiers de sociétés basées sur le territoire allemand recensés ces deux derniers mois, pour un préjudice de neuf millions de francs sur toute la France. « En Allemagne, les sociétés d'investissements privées ne sont pas soumises à un contrôle et ne nécessitent pas de certificat d'honorabilité pour fonctionner », a-t-elle expliqué en soulignant que quelque 500 sociétés allemandes sont impliquées.











