Avec six circuits en Alsace, dont un nouveau côté vin depuis juin, la formule « Visitez assis » est sur la voie du développement.
LE PETIT TRAIN touristique, celui qui propose aux visiteurs une découverte des vieux centres-villes ou des vénérables vignobles en position assise, et qu'il ne faut pas confondre avec les chemins de fer touristiques des bords du Rhin ou de la vallée de la Doller, est une mécanique qui roule. Il ne fait pas que des heureux parmi les populations qui le regardent vachement passer, mais dans l'ensemble il fait le bonheur des touristes et c'est ce qui compte et c'est ce qui autorise la formule « petit train » à envisager l'avenir d'un oeil serein.
DAMBACH-LA-VOIE
En Alsace, il existe aujourd'hui, un quart de siècle en gros après l'apparition des petits trains touristiques pour hauts lieux du tourisme français, six circuits à travers villes, villages et vignes : quatre dans le Haut-Rhin, deux dans le Bas-Rhin. A l'exception d'un cas, tous sont aujourd'hui exploités par des entrepreneurs privés, parfois après avoir fait l'expérience d'une gestion associative. L'exception est celle de Strasbourg, où la CTS gère son « mini-train » depuis vingt ans, départ d'un convoi toutes les demi-heures, place du Château, au pied de la Cathédrale. Le dernier-né des petits trains touristiques d'Alsace circule à Dambach-la-Ville et alentours, mis sur les rails à la mi-juin par le domaine viticole Ruhlmann J.C. et fils, auquel ses confrères haut-rhinois souhaitent bonne chance. A chaque voyage, pour une capacité de 72 personnes qui pour l'instant n'est utilisée à plein que par des groupes constitués débarqués des autocars, le « Petit train du vigneron » propose une explication commentée du vignoble, découverte des métiers de la vigne et du vin, dégustation en cave au terminus.
VITRÉS HORS SAISON
Riquewihr, station souvent bondée sur l'itinéraire du tourisme haut-rhinois, est branchée sur la même voie, depuis cinq ans déjà. Destination : la cité médiévale et la mer de vignoble qui l'entoure et dont il s'agit de faire connaître les travailleurs. C'est un schéma identique qui se déroule dans ces autres noeuds de la fréquentation estivale que sont Eguisheim et Ribeauvillé. Ici et là, la descente possible dans une cave fait monter le prix du billet à 50 F pro Person. Ces deux derniers réseaux sont exploités par la même SàRL à vocation d'animation touristique. Le petit train touristique de Colmar, arrivé voilà vingt ans à l'initiative d'une association de commerçants « fer-play », est depuis cinq ans exploité entièrement par une société privée qui verse à la mairie un droit de circulation et de stationnement. Les deux convois, trois wagons pour 60 places chacun, vitrés en avant et arrière-saisons, stationnent en face du musée d'Unterlinden. Discrétion sur la fréquentation. L'Office de tourisme de Colmar, qui s'occupe des réservations de groupes et centralise les réservations, mentionne l'activité « petit train » dans son compte d'exploitation pour 111 713 F au titre des réalisations 95, en légère baisse par rapport aux 113 500 F enregistrés au budget 94. La réflexion en vue d'ouvrir de nouvelles perspectives au réseau colmarien n'en est pas moins engagée.
REGARDER PASSER
Si les petits trains touristiques présentent de notables avantages pour les voyageurs, classe troisième âge, ils ne sont pas obligatoirement bien vus par les commerçants spécialisés dans la branche tourisme, qui les regardent passer et restent à quai. Ainsi que l'a relevé Simone Biering dans une récente étude sur le tourisme de cartes postales, « les touristes qui prennent le petit train ne se promènent plus, n'ont plus le temps d'acheter des souvenirs et retournent directement à leur car». Satisfaits du voyage, livrés qu'ils sont à destination et préservés des tentations mercantiles, les touristes promenés ? Dans l'essentiel des cas, oui, et même enchantés. Avec, de temps en temps, quelques péripéties comme celle qu'a vécue début juin un groupe de la Drôme parachuté à Colmar. Pour une question de tarifs dans laquelle entrait notamment cette complication que ce groupe, 97 personnes qui pour beaucoup accusaient l'âge de leur artères, avait demandé à être pris en charge par deux convois à l'endroit même de sa sortie de car, les visiteurs ont été priés de payer ou de débarquer sur l'heure. L'affaire a débouché sur une transaction, qui n'a pas complètement libéré les touristes de l'impression d'avoir été « pris pour des vaches à lait». Le groupe était plus exactement une amicale de donneurs de sang.
Le petit train touristique de Colmar est depuis cinq ans exploité entièrement par une société privée qui verse à la mairie un droit de circulation et de stationnement.











