Mauvaise nouvelle en cette période estivale où l'être humain se dénude pour mieux retrouver ses racines : elles sont cariées depuis Adam.
MOLLEMENT ALLONGÉS sur le sable, nos contemporains imaginent retrouver le paradis perdu en se promenant en tenue d'Eve ou d'Adam. Ils seront horrifiés d'apprendre que sous ce paradis, se cachait la rage de dents. « Ça m'intéresse » s'est posé une angoissante question : « D'où viennent les maladies?» La réponse est simple : « Leur origine raconte l'histoire des hommes et des espèces.» La carie dentaire remonte à cinq millions d'années avant le Christ ! « Les bactéries responsables des caries provoquaient des rages de dents chez les mammifères bien avant l'homme. Les premiers australopithèques ont sans aucun doute eu les mêmes problèmes. Et depuis on n'est pas parvenu à s'en défaire ». Comme quoi la brosse et Adam ne devaient pas faire bon ménage... Cette révélation pose aussi un véritable problème théologique : comment, avec une carie, Adam a-t-il pu croquer la pomme ? Ses descendants, on ne le sait, hélas, que trop bien, sont tombés de carie en Scylla ! Le paludisme serait apparu 100 000 ans avant Jésus-Christ. « Depuis, il a fait plus de victimes que toutes les grandes épidémies de peste, choléra et variole réunies.» Finalement on a du pot d'avoir survécu à de telles agressions. Quelques siècles plus tard, Christophe Colomb aurait découvert le nouveau monde et un sacré cadeau : « La syphilis aurait été importée des Amériques par les colons contaminés par les Indiens ». Comme on leur a refilé la variole, la rougeole et quelques autres joyeusetés, on peut se dire que le commerce avec l'Amérique s'annonçait déjà sous les plus sombres auspices.
LE SINGE N'A PAS LE BRAS TENDU
Mais notre lointain ancêtre était très conscient des dangers qui le guettaient. « Le Nouvel Observateur » fourmille de questions fondamentales : « Et si Adam avait vraiment existé?» Mais, surtout, il se demande : « Ne serions-nous qu'un chimpanzé qui, un jour, a refusé de grandir ? C'est l'hypothèse d'un paléontologue pour qui une nouvelle mutation majeure de l'homme pourrait se produire bientôt.» L'idée sera séduisante pour ceux qui étaient traumatisés à l'idée de descendre du singe. Ils pourront y rester ! D'autant que « Courrier international » confirme cette filiation : « L'homme est plutôt droitier, le chimpanzé aussi ». La seule différence étant qu'on n'a jamais vu un singe tendre le bras droit pour saluer un quelconque moustachu délirant. « Science et vie » s'est aussi lancé dans cette quête de nos racines. Pour certains savants : « Un Créateur distinct de l'Univers matériel, considéré comme unique, aurait fixé ses conditions initiales en vue de la réalisation d'un projet : l'apparition des êtres humains ». Bref, c'est le roi de la petite graine. Pour un autre, « nous aurions gagné à une sorte de grande loterie». C'est la théorie de l'Univers façon Française des jeux. On met des petites boules dans une grande et, le mercredi et le samedi, on tire au sort. Et paf ! Il y a quelques milliards d'années, un soir (un samedi, plus précisément, puisqu'il paraît que le lendemain l'organisateur s'est reposé), on a tiré au sort un drôle de « truc », l'être humain !
DEMI ET LES PEPINS
Dans sa quête des origines, il n'hésite pas à se dénuder.« VSD », aux anges, raconte à ses lecteurs « le strip-tease de Demi Moore ». Modeste, elle explique : « Ça ne me dérange pas que les gens viennent voir mon corps, si en plus ils découvrent autre chose ». Ça devrait en tout cas plaire à ceux qui se souviennent qu'en automne l'arbre des origines s'effeuille lui aussi. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'actrice montre son corps sans vêtements. « VSD » rappelle qu'« en 1991, elle pose nue et enceinte à la une de "Vanity fair". Une photo qui a choqué l'Amérique ». Evidemment, ça donnait quelques indications sur l'art de faire les bébés à tous ceux qui en étaient restés à la pomme et aux pépins ! « Ça m'intéresse » est encore plus explicite et offre à ses lecteurs et lectrices « le tour du monde des comportements amoureux ». Les égrillards seront déçus, car l'article allonge davantage les statistiques sur papier glacé que les photos aussi torrides qu'une plage méditerranéenne. Pas de poésie, ou si peu, sur cette planète : « Polygamie ou monogamie ? N'en déplaise à Cupidon c'est l'économie qui dicte ses lois, structure les familles et influence l'amour ». Cupide ou Cupidon ? Mais heureusement, il reste la tendresse. « Courrier International » a porté un regard attendri sur une étude qui explique « qu'il est doux d'être bercé par le bras gauche de sa mère ». Gauche ? Eh oui, car « ça améliore la communication avec la mère ». Et s'il ne comprend pas, le bébé a tout intérêt à lire « Questions de femmes » qui explique tout « sur le langage des seins nus ». Quelques messieurs risquent d'en rester bouche bée et de se demander s'il était au fond bien utile d'apprendre à parler. En tout cas, un conseil si vous achetez « Marie Claire » pour son« guide intime des gestes sensuels », n'imaginez pas un instant que l'orang dégoûtant qui sommeille en chaque sapiens sera immédiatement converti au langage des signes. Et s'il n'existait plus, cet« homo-chimpanzé»? « Ça m'intéresse » présente un Paris hypothétique dans lequel « la nature reprend ses droits ». La réponse est passionnante : « Sans l'homme, la ville verrait un nouvel écosystème se mettre en place avec ses végétaux et ses prédateurs. Les jeunes bouleaux sont les premiers arrivants ». La solution plairait à nos ultra-libéraux : sans homme, il y a du bouleau ! Il suffisait d'y penser.
Singe en hiver, humain en été ?











