Une foule impressionnante a accompagné l'ancien maire de Magny-Vernois vers sa dernière demeure. Historien et résistant, Jean Girardot est devenu une figure légendaire de la Haute-Saône.
NÉ avec le siècle, le 19 octobre 1900 à Lure, Jean Girardot est décédé dans sa 96è année. Hier après-midi, de nombreux amis se sont retrouvés autour de sa famille pour lui rendre un dernier hommage. La famille qui habitait rue de la Font à Lure, s'est installée en 1913 à Magny-Vernois. Jean Jacques Emile, a appris à lire et à écrire à l'école des Soeurs de la Providence (l'actuelle Maison des oeuvres), et a reçu les premiers éléments de l'instruction primaire à l'école des Frères des écoles chrétiennes, rue Pasteur. Dès 1905, il commença à apprendre le latin. Les Frères ayant été expulsés en raison de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, il poursuivit ses études primaires et secondaires au collège de Lure En juillet 1916, il obtint la première partie du baccalauréat A (latin, grec) et prépara la deuxième partie du baccalauréat (philosophie) au lycée Victor Hugo à Besançon. Bachelier, il voulait se diriger vers l'école des Chartes mais ses parents en décidèrent autrement et, le destinant à faire carrière dans la fonderie familiale, l'orientèrent vers l'école des hautes études commerciales de Paris. En raison des difficultés dues à la guerre et obligeant à limiter les effectifs, il fut inscrit d'office par la direction de l'école à son annexe : l'école supérieure pratique de commerce et d'industrie de Paris. Il en sortit diplômé en juillet 1919. Entre-temps, le 17 septembre 1918, Jean Girardot s'était engagé au 26è bataillon de chasseurs à pied et, en mars 1920, fut affecté au 3ème groupe de chasseurs cyclistes à Strasbourg, avant d'être muté au service météorologique de l'armée. Comme il y assurait le service de nuit, il occupa ses journées en suivant, à la Sorbonne, les cours d'Aulard consacrés à la Révolution et surtout les cours libres de l'école des Chartes, ouverts aux auditeurs non élèves. Rendu à la vie civile en mars 1922, il vint prendre place dans l'usine paternelle du Magny-Vernois.
PASSIONNE D'HISTOIRE
Peu après, Jean Girardot commença ses recherches aux archives départementales qu'il fréquenta régulièrement à raison d'un jour par semaine durant 26 ans, jusqu'en 1948. En 1923, il fut reçu à la Société d'agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône (SALSA) dont il fut le vice-président. Elu en 1932 membre de l'académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon, il fut aussi membre de la société d'émulation du Doubs et de celle du Jura et de celle de Montbéliard. Doyen des membres de l'académie, Jean Girardot bat Victor Hugo. Si l'écrivain était correspondant de cette même académie de 1827 à 1885, donc 58 ans, l'ancien maire de Magny-Vernois, lui, était durant 64 années associé correspondant, de 1932 à 1996. Elu conseiller municipal de Magny-Vernois en 1929, il en fut le maire de 1930 à 1977 et reste conseiller jusqu'en 1983. Jean Girardot fut élevé au rang de chevalier de la légion d'honneur en 1961. Parmi ses oeuvres les plus connues figurent Le dictionnaire des communes, La Haute-Saône pendant la Révolution, Promenades dans le vieux Lure, Les mémoires d'un maire sous l'Occupation. En 1928, Jean Girardot a épousé Marie Hélie, née à Lure le 8 février 1908. Les deux filles du couple, Odile et Isabelle, sont décédées en 1953 et 1983. Jean Girardot avait trois petits enfants et huit arrière petits enfants. Hier après-midi, sa famille et ses nombreux amis, ont rendu un hommage émouvant à cet historien, écrivain, ancien résistant, élu et industriel qui a marqué son époque et la Haute-Saône. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur l'oeuvre de ce passionné de l'histoire.
Jean Girardot (2è de droite) à côté de Mme Perrin, présidente de la société d'histoire locale.
(Photo d'archives « LE PAYS » - J.L.G.)











