Des jeunes, membres de la Jeunesse ouvrière chrétienne, et des adultes de l'Action catholique ouvrière, ont rencontré les militants de Fabertex, en liquidation judiciaire. Ils expliquent leur démarche. « Après avoir appris le licenciement de tous les employés de l'usine Fabertex à Issenheim, nous avons décidé, nous, jeunes en JOC et militants à ACO, de les soutenir dans leur combat pour leur dignité. Ayant des liens avec plusieurs d'entre eux, nous les avons invités récemment, à une rencontre. Nous avons été frappés par la solidarité qui unissait les employés dans leur combat pour la survie de l'entrprise ou pour l'élaboration d'un plan social acceptable pour les salariés. Dans ce domaine, il apparaît que rien n'est acquis d'avance. Nous nous sommes rendus compte qu'au sein d'une entreprise le salarié ne représente pas grand chose. Quelqu'un disait : « C'est choquant de voir que vingt-deux années de vie d'entreprise sont résumées en deux lignes : vous avez été embauché en 1974, par liquidation judiciaire, votre contrat s'arrête en juin96 ; désormais, vous ne faites plus partie de l'entreprise ». En proposant la création d'une Société coopérative de production ouvrière (SCOP), les salariés pensaient pouvoir prendre en main l'entreprise, mais les obstacles administratifs et financiers sont tels que la réalisation d'une SCOP est devenue impossible. Une modification des lois actuellement en vigueur devrait être envisagée, afin de faciliter les reprises par le personnel d'une entreprise en crise. Jour après jour, nuit après nuit, les délégués soutenus par les salariés se battent pour préserver un maximum d'emplois. Aussi, on ne pourra pas leur reprocher de n'avoir pas tout essayé pour sauvegarder l'entreprise. « Ce qui est super, c'est que les gens te font confiance, tu ne peux abandonner le combat ». A la question, la foi a-t-elle quelque chose à voir avec cette lutte, voici quelques réponses. « Pour moi, la foi n'y est pas étrangère, surtout si elle consiste à se battre et à croire en la possibilité de rendre ce monde plus juste. Dans le feu de l'action, tu ne réagis pas en te disant « je suis chrétien », tu agis pour le bien de tous. Mais tu apprécies une rencontre comme celle de ce soir avec des militants de la JOC et de l'ACO, où tu réfléchis et tu redonnes sens à tout ce que tu fais. Ton passé, ta vie militante dans un mouvement de jeunes ou d'adultes font que tu analyses les situations avec un regard critique, tu abordes les autres avec beaucoup de tolérance et tu poses souvent la question « Ce que je fais, est-ce que j'aimerais qu'on me le fasse ? » Par cette soirée, nous ACO et JOC, avons pu accueillir toute la richesse du personnel de Fabertex, de sa fraternité, de sa solidarité vécue entre gens très divers qui se redécouvrent comme un peuple... Nous y avons découvert les difficultés de l'action, les craintes des familles pour leur avenir. Nous croyons que cette vie est animée du souffle de Dieu, même si ce Dieu se fait discret, laissant à l'homme le soin de prendre ses responsabilités. Votre lutte nous interpelle. »











