Le 21e colloque de la Société francophone de primatologie s’est installé à Mulhouse. Jusqu’à demain, 44 conférences réuniront des scientifiques du monde entier.
« C’est un échange scientifique important qui nous a permis de réunir les membres de la Société francophone de primatologie du monde entier. Il rassemble des chercheurs qui sont issus de nombreux domaines comme la biologie, la paléontologie, l’écologie, mais aussi des vétérinaires », explique le docteur vétérinaire Pierre Moisson, directeur du zoo du Mulhouse et organisateur de cet important colloque.
Le thème est « Recherche et éducation » et permet à 44 scientifiques d’exposer leurs travaux les plus récents. Le choix de Mulhouse s’est imposé par la belle collection de primates dont dispose le parc zoologique et botanique de Mulhouse.
Parmi les intervenants, Brigitte Senut, présidente de cette société et chercheur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, constate que « depuis que l’homme dispose d’un outil, il modifie son environnement. Nous sommes conscients que son impact a entraîné la perturbation de son milieu. Et les forêts ne sont pas épargnées ». Cette scientifique spécialiste en paléontologie travaille essentiellement au Kenya et en Namibie présentera un exposé relatif à ses travaux et l’évolution des grands singes et leurs liens avec l’homo-sapiens.
Tandis que Jean-Jacques Millet de l’université de Grenoble a mis en avant une étude dont « l’objectif est de mettre en place des dispositifs permettant l’étude de l’évolution de l’homme et chercher les rapports entre le dimorphisme sexuel, la structure sociale et le fait culturel ».
Profit et partage chez certains primates
Car homme et environnement sont étroitement liés. Certains travaux présentés concernent l’étude de fossiles de primates, dont certains datent de 10 000 ans. Des recherches ont également permis de découvrir que le répertoire vocal des femelles mones est uniquement constitué de « cri d’alarme ». D’autres chercheurs se sont penchés sur la zone du cerveau concernée par le langage chez le babouin et l’homme. Des scientifiques ont tenté de comprendre la notion du profit et de partage chez certains primates… sans oublier le suivi de programmes de conservation de singes dans certains pays.
Pour Pierre Moisson : « ce colloque donne lieu à des échanges, comme un suivi de l’évolution de la science. La conservation des espèces se fait via l’homme et souvent dans le milieu naturel de l’animal. Comme le prouve l’expérience menée par le zoo de Mulhouse à Madagascar. Toutes nos actions vont dans le sens de réintégration ». Le docteur David Gomis, du zoo de Mulhouse, a axé son intervention sur la nutrition des lémuriens en captivité, gage de leur adaptation dans un zoo.
Les grands singes souffrent de la destruction de leur environnement. D.R.











