De prochains épisodes seront aussi consacrés à cette zone du Pain de Sucre, qui servait en quelque sorte de « tampon » et de ligne d’arrêt en cas de rupture du front, si une percée française devait s’effectuer depuis le col de Sainte-Marie ou le Violu. Géographiquement, le front possédait plusieurs secteurs au contact direct des forces françaises, comme le Violu ou le Bernhardstein. D’autres étaient plus calmes, en retrait des premières lignes : la Petite Chaume et la Hegelau, par exemple (voir l’épisode précédent). Le Pain de Sucre comportait quant à lui six points d’appui (Stützpunkt), lesquels étaient reliés par une tranchée principale. Ces points d’appui ont été construits sur la crête, ainsi que dans le versant nord-ouest du Pain de Sucre, vers Hergauchamps. Chaque point d’appui était protégé par un réseau de barbelés d’une largeur allant jusqu’à une dizaine de mètres. En 1917, sur l’ensemble du front, les soldats allemands entreprirent de gros travaux de défense en utilisant ces barbelés. On souhaitait par là condamner tout accès à la vallée et aux vallons. Ces mesures étaient prises pour éviter toute infiltration des troupes françaises, en cas de percée dans les premières lignes allemandes. Dans la pente opposée, au sud-est, vers la Côte d’Echery, on trouve les arrières du dispositif, ainsi que l’arrivée du téléphérique « Wicke-Schrägaufzug » et la voie du Benzolbahn, qui longe le Pain de Sucre en direction du Violu Sud. Les points d’appui sont situés en altitude, entre 660 m et 804 m, au sommet du Pain de Sucre. Celui présenté aujourd’hui est le point d’appui n° 1, qui a pour nom Feste Falken-Hausen. Il se trouve à l’extrême sud du Pain de Sucre. Il comportait une longue tranchée fortifiée couverte, ainsi que deux abris, le tout relié à une tranchée qui provenait de la Petite Chaume. Autre particularité de cette zone, les très nombreuses galeries et abris souterrains. Une quinzaine de ces derniers – dont certains traversent le Pain de Sucre de part en part – ont été ainsi creusés par les soldats allemands. Trois de ces anciens souterrains sont visitables de nos jours, avec l’Association mémoire et patrimoine militaire en Val d’Argent.
Sources
« 1914-1918 Sainte-Marie-aux-Mines ville du front » de Jean-Claude Fombaron, Jacques Horter et Robert Guerre.











