Colombey-les-Deux-Églises, en Haute-Marne, ne porte pas ce nom seulement pour être distinguées de deux autres communes de l’Est à l’appellation voisine : Colombey-les-Belles, en Meurthe-et-Moselle, et Colombey (rattachée à Coincy) en Moselle. Chacun sait que cette appellation exprime la particulière puissance spirituelle de l’endroit. Ce n’est pas par hasard si, depuis soixante ans, les touristes qui se renseignent sur la dualité ecclésiale des lieux, s’entendent répondre : « Dans l’autre, on adore Dieu. »
Charles de Gaulle était très conscient de l’aura dont l’Histoire l’avait doté, et aussi du fait que beaucoup de ses contemporains traduisaient aura par auréole. L’entourage de l’homme du 18 Juin a d’ailleurs pris soin, à son décès, de détruire une multitude d’objets personnels, de peur qu’ils ne deviennent reliques, fétiches, gri-gri d’un culte dont le fondateur de la Ve République n’a jamais voulu.
On connaît son diagnostic lucide – « les Français sont dévots » — qui lui faisait craindre que « la grandeur » ne soit vendue en « croix de Lorraine en nougatine », quand son village aimé devrait accueillir des pèlerins.
Pourtant, l’influence surnaturelle du Général est indéniable. Hier ses mânes ont agi. Près de cette Boisserie, où Konrad Adenauer fut le seul Allemand reçu à la table familiale – ou plutôt admis par la maîtresse de maison, si l’on se réfère aux écrits de l’amiral de Gaulle –, ils ont rediffusé le dialogue réconciliateur du chancelier et de son hôte aux oreilles d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Et voici le couple franco-allemand plus résolu qu’au mini-sommet du 4 octobre à agir ensemble pour tenter d’appliquer des soins communs à l’hystérie financière.
Sept jours pour passer de la séparation des biens à la communauté de destin, le signe d’un vrai miracle !











