Réponse « centrale » comme aux États-Unis avec le plan Paulson, réponse « coordonnée » entre les États comme en Europe : si le front anti-crise se présente différemment des deux côtés de l’Atlantique, l’arme est la même. Elle consiste à injecter des milliards de dollars et d’euros dans le système financier. En pure perte pour l’instant. Les sommes astronomiques déversées sur les brasiers, fin septembre, n’ont permis de faire baisser la température que pour quelques jours. Moins d’une semaine après les premières interventions, un second plan a été nécessaire pour maîtriser l’incendie qui revenait en force chez Fortis, Dexia et Hypo Real Estate. La crise du secteur bancaire ressemble à une multitude de feux de forêts que l’on n’arrête pas de croire sous contrôle et qui reprennent à la moindre petite brise. Impossible d’attaquer des incendies aussi étendus à la lance. Il faut des Canadairs, pour déverser des tonnes et des tonnes de liquide (dans la banque on parle de « liquidités »).
Ce serait une erreur de croire que le sinistre concerne seulement la Bourse et la finance. Pour remplir un Canadair, il faut chercher les fameuses liquidités partout où elles se trouvent, à commencer dans la poche des contribuables. La facture leur sera présentée tôt ou tard et elle sera lourde. En plus, l’argent consacré à la lutte contre le feu manque dans l’économie réelle. Non seulement il risque de partir en fumée, mais il va falloir le puiser dans des réserves de moins en moins fournies. Le cercle vicieux est enclenché : la crise bancaire assèche le crédit, qui fait défaut pour relancer la machine économique. La crise sociale devrait être logiquement au bout de la route.
En Allemagne, les plus hautes autorités commencent à évoquer le spectre de la crise de 1929, qui a plongé le pays dans l’inflation et le chômage, et qui a fait triompher le nazisme. Qui sait, aujourd’hui, comment se traduira ce qui apparaît de plus en plus comme un nouveau krach planétaire ?











