René Eyer, trésorier de l’Association française d’histoire anabaptiste mennonite a dressé un petit historique de l’épopée amish, des origines aux implantations nord-américaines. Une manière de rappeler que les manifestations organisées autour du patchwork n’ont pas été initiées en Val d’Argent par hasard, mais sont nées d’un événement opéré à Sainte-Marie, voilà plus de 300 ans : la fondation de la première communauté amish sous l’égide du prédicateur suisse Jacob Amann, en 1693. D’où la naissance d’un Carrefour du patchwork dès 1993, sur initiative de l’AFHAM, auquel le mouvement amish se rattache. René Eyer a rappelé que le passé des Amish était fait d’engagements religieux profonds lourds de conséquences. « Le mouvement anabaptiste-mennonite dont il est issu remonte au XVIe siècle, à Zurich ». Les anabaptistes, les rebaptisés, furent surnommées ainsi en raison de leur refus de baptiser les enfants pour ne reconnaître que les baptêmes d’adultes. Né de divergences entre réformateurs, « ce courant, fondé sur des principes prônant la non-violence et la séparation du politique et du religieux, se développe rapidement tout le long de la vallée du Rhin, de la Suisse aux Pays-Bas ». Mais le rigorisme religieux en fait très tôt la cible de persécutions et les anabaptistes sont contraints à la fuite pour trouver refuge dans quelques lieux souvent reculés du grand Est, où leur présence était tolérée. Sainte-Marie est de ceux-là. Vint un temps où un groupe d’anabaptistes y trouva demeure, en cohabitation avec les réformés huguenots réfugiés à la même époque dans la vallée. Le départ de la communauté amish pour les États-Unis (Pennsylvanie surtout) date de l’instauration du service militaire lors de la Révolution.











