Il est une discipline olympique qui ne donnera lieu à aucun palmarès. Pourtant, ceux qui la pratiquent avec ferveur tout au long des épreuves méritent la médaille. La discipline olympique en question est dans le ton. Elle se pratique en zone mixte, le bras tendu terminé par un engin appelé dictaphone. Le but du jeu consiste à placer l’engin enregistreur sous le nez d’un individu, dit champion ou loser - qui peut n’avoir rien à dire mais on ne sait jamais - tout en résistant à des concurrents directs qui jouent des coudes. Au fil de la compétition, la discipline prend toute sa saveur… A l’inverse de Laure Manaudou, qui sollicite les membres tendus mais se caractérise par de très brefs passages, les beaux parleurs font souffrir l’épaule. En fin de deuxième semaine des Jeux, la douleur à l’épaule n’est cependant pas la plus éprouvante. Le déodorant est plus volatil que jamais et les tee-shirts propres sont suffisamment rares pour favoriser les diffusions olfactives. Et comme les instances internationales mélangent les catégories, les aisselles des grands dadais n’ont plus de secret pour les courts sur pattes qui dégustent… C’est dans ces moments-là qu’on apprécie ceux qui causent avec le cœur et préfèrent un grand silence à l’exposé des trop-pleins d’idées ou d’états d’âme.











