Un jeune homme de 19 ans, Joël della Torre, était poursuivi hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Mulhouse, pour des violences sur sa mère, le 30 juillet dernier à Sierentz et pour avoir dégradé à coups de pied la porte de la cellule de garde à vue à la gendarmerie de Sierentz au cours de la nuit de mardi à hier.
« Votre mère a porté plainte à la gendarmerie le 31 juillet en disant que depuis votre sortie de prison en mai, vous aviez un comportement violent avec elle et votre sœur. Elle dit qu’elle est obligée de fermer toutes les chambres pour que vous ne lui voliez plus comme vous l’avez déjà fait les bijoux et de l’argent pour acheter de l’alcool et du shit que vous fumez dans votre chambre. Vous avez plusieurs fois tout cassé à la maison. Le 30 juillet, vous étiez énervé à cause du chien, vous avez donné des coups de pied dans la chaise de votre sœur et quand votre mère vous a dit de vous calmer vous l’avez giflée et jetée à terre… », résume Claire Fermaut, qui préside le tribunal.
« Oui, je pense que mon comportement est inadmissible », répond le jeune homme, qui s’empresse d’ajouter : « Des fois, je fais quelque chose pour avancer dans la vie ». Et « à part les Assedic, je n’ai pas d’autre revenu parce que ma mère ne me donne plus d’argent… »
« Je ne souhaite pas qu’il aille en prison mais qu’on le mette dans un foyer et qu’il voit un psychiatre. À force de voir des gamins de 12 ans traîner dans la rue et qui n’ont pas besoin de rentrer à la maison, moi j’ai perdu toute crédibilité. Il m’en veut d’avoir fini par porter plainte. Je ne fais pas ça pour l’enfoncer mais pour qu’il s’en sorte. J’espère qu’il comprendra un jour », vient dire sa mère à la barre.
Le procureur de la République adjoint Michel Defer souligne que cette mère a très bien fait, « sinon les violences auraient continué ». Exposant aussi que l’alcoolisme chez les jeunes devient « quelque chose de très sérieux », le magistrat requiert une peine ferme de quatre à cinq mois, plus un sursis mise à l’épreuve ainsi que la révocation du SME antérieur de trois ans. « Pour laissez encore une porte ouverte », Michel Defer ne demande pas la révocation d’un autre SME de six mois comme l’avait suggéré le juge de l’application des peines.
« C’est vrai que les faits sont inadmissibles. Il faut tout faire pour qu’il ne frappe plus sa mère, mais il ne faut pas le renvoyer en prison, car depuis son incarcération de décembre à mai, il a la tête à l’envers comme il m’a dit. Plutôt qu’un mandat de dépôt, il lui faut une interdiction de retourner au domicile de sa mère », plaide Me Marina Maridet.
Jugement : cinq mois de prison plus la révocation du SME de trois mois, soit huit mois ferme avec mandat de dépôt.











