« Mais je n’ai pas volé… », répète inlassablement Mohar Guembour, 29 ans, arrêté lundi par la brigade anticriminalité en début de soirée rue des Abeilles en possession de trois autoradios, dont un volé à Grenoble, et d’un boîtier d’accès à internet tout neuf adressé une cliente et dérobé dans un magasin de Mulhouse (nos éditions d’hier). « C’est mon beau-frère qui me les a donnés pour que je les vende et que je puisse m’acheter à manger », dit encore le jeune homme, jugé pour ce recel hier en comparution immédiate. « Mais votre beau-frère l’a contesté. Il a dit à la police que vous venez des fois chez lui pour manger et prendre une douche car il a pitié de vous », lui rétorque la présidente du tribunal, Claire Fermaut.
« On ne saura jamais comment l’autoradio volé à Grenoble est arrivé à Mulhouse », constate un peu désabusé le procureur adjoint Michel Defer. Constatant que le prévenu était déjà six fois condamné, qu’il est sorti de prison le 19 juillet dernier, il développe : « Même en torturant un peu les mots, je ne vois pas de garanties exceptionnelles de réinsertion pour déroger à la peine plancher d’un an pour ce recel en récidive. » Il requiert alors six mois de prison ferme avec mandat de dépôt et six mois avec un sursis mise à l’épreuve.
« La tentation est grande de dire que c’est un multirécidiviste et qu’il n’y a qu’à le mettre en prison. Mais on n’a pas démontré qu’il savait que la boîte internet et les autoradios étaient volés. Celui de Grenoble l’a été en 2005. On ne sait même pas si les deux autres ont bien été dérobés. On peut récupérer des autoradios à l’autocasse », expose pour la défense Me Marina Maridet en demandant la relaxe. L’avocate plaide aussi que le prévenu ne parle pas de façon cohérente et suggère une expertise psychiatrique pour savoir s’il est sain d’esprit.
Le tribunal relaxe Guembour pour les autoradios et le reconnaît coupable pour le recel du boîtier internet dont on sait qu’il a été volé dans un magasin mulhousien. Il n’applique pas non plus la peine plancher et prononce quatre mois ferme avec mandat de dépôt et quatre avec un sursis mise à l’épreuve.











