La flamme olympique a été acclamée hier à Pékin lors d’un relais sous haute surveillance qui n’a pas empêché un groupe d’étrangers d’appeler au « Tibet libre » devant le stade national à deux jours des JO.
Pour le retour de la torche dans la capitale chinoise, après un périple mondial mouvementé, les autorités avaient convoqué un imposant déploiement de forces de l’ordre ainsi que des vedettes comme le premier astronaute Yang Liwei et le basketteur Yao Ming. L’événement a débuté sur la célèbre place Tiananmen, en face du mausolée de Mao Zedong, où des groupes dûment autorisés se sont postés en rangs dès le matin. Des personnalités en tenue de sport, souriantes, agitant frénétiquement le bras ou brandissant un poing vainqueur, se sont succédées, trottinant pour porter le symbole olympique, sous un ciel gris et pollué. Le passage des relayeurs a déclenché les acclamations de dizaines de milliers de spectateurs, scandant « Vive la Chine, vive les Jeux Olympiques ».
Le dalaï lama a envoyé depuis son exil dans le nord de l’Inde ses « bons voeux » à la Chine pour ses jeux Olympiques, estimant que cet événement sportif devait promouvoir la paix. « C’est un moment de grande fierté pour les 1,3 milliard de Chinois […] et je voudrais présenter mes salutations à la Chine, aux organisateurs et aux athlètes des prochains jeux Olympiques », a déclaré le chef des Tibétains en exil.
La flamme était déjà passée fin mars par Pékin avant d’entamer un tour du monde de 137 000 km, marqué par des manifestations hostiles au régime chinois à la suite de la crise tibétaine.
Des interpellations
Ce sont justement des militants pro-tibétains qui sont à l’origine de la première action spectaculaire juste avant les Jeux, quand ils ont déjoué la sécurité devant le stade national surnommé le « Nid d’oiseau ». Ces étrangers - deux Britanniques et deux Américains - sont parvenus à attacher une grande banderole affichant en anglais « Un monde, un rêve : Tibet libre », en référence au slogan olympique.
Ils ont été interpellés au bout de douze minutes par la police et ont reçu l’ordre de quitter le pays, selon l’agence officielle Chine Nouvelle. Les organisateurs des jeux de Pékin ont « condamné vigoureusement » la manifestation. « Quatre étrangers se sont rassemblés illégalement […] Nous nous opposons fermement à toute tentative de politiser les jeux Olympiques », a déclaré le porte-parole du comité d’organisation (Bocog) Sun Weide.
Deux militants pro-tibétains, membres du même groupe Students for a free Tibet, ont mené à bien une initiative similaire peu après à Londres, en se hissant au sommet du Tower Bridge avant de déployer une banderole réclamant : « Pékin 2008 : Ecrivez l’histoire olympique : Libérez le Tibet ».











