Les députés et les sénateurs se réunissent en congrès, demain à Versailles, en vue de toiletter la Constitution. La réforme a été voulue par Nicolas Sarkozy pour « moderniser la démocratie ».
D’ores et déjà, les deux mots semblent malheureux. En guise de modernisation, il y a dans l’air comme un parfum de IVe République (1946-1958) ! Une IVe République avec le téléphone portable, ce qui est bien le seul élément de progrès, car pour le reste, on est revenu à des marchandages qui nous rappellent les grandes heures de la mise en place des gouvernements Joseph Laniel, Guy Mollet et autre Edgar Faure. L’exercice consiste à nouveau à séduire les petits partis charnière et les parlementaires trop individualistes. Les gaullistes opposés à la « dénaturation » de la Constitution de 1958, les centristes, les radicaux de gauche et les élus d’outre-mer sont tour à tour choyés et menacés. Avec des méthodes éprouvées : « On me demande ce que je veux, si une mission sur la famille me ferait plaisir », révèle la villiériste Véronique Besse. Les radicaux de gauche ont annoncé qu’ils voteront la réforme quelques jours après que Nicolas Sarkozy eut nommé leur ancien président Jean-François Hory au Conseil d’État.
François Bayrou fulmine : « Aux uns on a promis des secrétariats d’État, aux autres des avantages pour leur circonscription, d’autres encore ont été menacés d’un redécoupage leur faisant perdre leur siège ». Une chose est sûre : les promesses ont un coût, et c’est aux contribuables qu’il reviendra de payer les cadeaux offerts aux parlementaires récalcitrants pour un vote conforme.
Bref, si ce texte constitutionnel risque de coûter cher, il ne bénéficie pas d’une atmosphère digne d’une démocratie moderne. Qu’il soit finalement adopté ou pas, il ne changera pas les mœurs politiques, qui sont restés les mêmes depuis que la République existe : quand il s’agit d’obtenir une majorité, tous les coups sont permis.











