Le musée archéologique de Strasbourg offre un regard pluridisciplinaire sur la mort et ses rites de la préhistoire au XIXe siècle, en Alsace
La mort fait partie de la vie et reste toujours l’affaire des vivants. Les fouilles archéologiques, menées du nord au sud de la région montrent que ces affirmations se vérifient, quelle que soit la période de l’histoire ou de la préhistoire. Suite à un travail de fond entrepris avec l’aide de l’Institut national de recherches archéologiques préventives et du Pôle archéologique interdépartemental Rhénan, le musée archéologique de Strasbourg a rassemblé des vestiges (crânes, sépultures, mobilier, dépôt d’offrandes, stèles, etc.) qui permettent d’appréhender comment les hommes ont accompagné leurs morts, à travers les traditions et l’environnement religieux ou social de leur époque. Bernadette Schnitzler, conservateur et commissaire de l’exposition, a retrouvé des « traces » des morts, en cherchant tout d’abord dans les réserves du musée et en faisant appel à d’autres musées strasbourgeois qui ont accepté de prêter certaines œuvres, en lien avec le thème de la mort.
Des souvenirs mortuaires en cheveux tressés
« Il y a des moments de rupture » résume le conservateur. Alors que pendant une longue période, les vivants disent adieu à leurs proches, en les entourant d’objets multiples (céramique, bijoux, épingles, armes ou pièce ratées de cuisson !), au Moyen Âge, l’Église devient la grande ordonnatrice des funérailles et rassemble les morts non plus à l’extérieur des villes, mais autour d’églises ou chapelles consacrées. « Le corps est déposé tout nu, enveloppé dans un linceul » précise l’archéologue. Plus tard, au XVIe et XVIIe siècle, on assiste à une dramatisation de la mort, avec en filigrane, la nécessité de racheter ses fautes. Insolite, déroutante parfois, cette évocation fait apparaître des traditions oubliées en Alsace, comme ces souvenirs mortuaires en cheveux tressés, qui pouvaient servir de publicité à une entreprise funéraire. La fin du parcours montre le déploiement exceptionnel de l’art funéraire dans notre région, grâce à la présence du grès. Au-delà du musée archéologique, point de départ, on peut poursuivre ce cheminement autour de la mort, en découvrant d’autres œuvres dans les musées, notamment la très belle collection de Vanités du musée des Beaux Arts.
VOIR « Rites de la mort en Alsace, de la préhistoire à la fin du XIXe siècle » au musée archéologique jusqu’au 31 août, tous les jours, sauf le mardi, de 12 h à 18 h.











