Une plate-forme « Synergie-entreprises » a été installée à l’Université de Franche-Comté (UFC). Deux postes d’ingénieurs ont été créés, sur Besançon et sur le Nord Franche-Comté, afin d’établir un relais entre l’université et les entreprises.
À côté de la formation, de la recherche et de l’élaboration de connaissances, l’insertion professionnelle constitue une nouvelle mission des universités. « Nous devons adapter nos formations au monde du travail, dialoguer avec le tissu économique, lance Claude Condé, président de l’UFC. C’est une vraie révolution culturelle à entreprendre. Nous avons cette équation paradoxale à résoudre : conserver les savoirs fondamentaux, mais être ouvert à la demande sociale ou économique. »
Christine Viel et Hélène Caire, qui ont pris en charge la plate-forme « Synergie-entreprises », pourront notamment s’appuyer sur la mission « stage-emploi », qui accompagne les étudiants dans la construction de leur projet professionnel. Depuis la rentrée dernière, tous les étudiants peuvent faire des stages conventionnés à leur initiative, même si ce n’est pas obligatoire dans leur formation. Objectif, pour eux : vérifier sur le terrain une idée qu’ils se font d’un métier.
Un effort en direction des filières générales
« Synergie-entreprises » va aussi, dans un premier temps, concentrer ses actions sur les filières générales. Les formations scientifiques ou techniques, très présentes sur Belfort et Montbéliard, sont davantage au contact du monde de l’entreprise. Par contre, les sciences humaines ou la philosophie conservent l’image de matières plus éloignées du monde du travail. Les étudiants de ces filières ont parfois eux-mêmes du mal à se projeter vers l’emploi.
Christine Viel commente : « On ne veut plus entendre un étudiant brillant dire : "J’ai un doctorat, mais qu’est-ce que je vais faire comme métier ?". Un de nos projets consiste à traduire les formations en terme de compétences, afin d’aider les étudiants à se valoriser. »
Un étudiant en histoire, par exemple, dispose d’atouts à mettre en avant. « Il a acquis une méthode de travail, il sait gérer des archives complexes, il a conscience de la notion de relativité du temps, il est capable de rédiger quelque chose, ce qui devient rare dans une entreprise, liste Claude Condé. Mais surtout, il a appris à être formable. » Il pourra donc acquérir facilement de nouvelles compétences tout au long de sa vie professionnelle, ou rapidement s’adapter à un métier qui paraît éloigné de sa discipline de base.
« On est sollicité par la fédération du bâtiment, qui veut renouveler ses cadres, ou par les fédérations bancaires », illustre Christine Viel. Qu’on se le dise, les profils généralistes ont de nouveau la cote.
La plate-forme pourra aussi mettre en place des visites d’entreprises, organiser au sein de l’université des présentations de métiers par des professionnels, car des filières ont des problèmes de recrutement. Les animateurs de « Synergie-entreprises » se préparent à un gros travail de démarchage auprès des entreprises. Il s’agit, en fait, de rapprocher deux mondes qui ont pris l’habitude de se tourner le dos, en associant au maximum les enseignants à ce projet.
guillaume.minaux alsapresse.com











