La libération inattendue d’Ingrid Betancourt a été une parenthèse dans la vie française. Trois jours de bonheur… mais les dures réalités restent, comme en témoigne le conseil national de l’UMP consacré à l’Europe, hier.
Juste avant le « choc Betancourt », le sommet de l’État a été durement secoué. Le commissaire européen anglais Mandelson n’a pas apprécié les propos de Nicolas Sarkozy sur l’OMC, et l’a fait savoir. Le général Cuche a démissionné pour cause de bavure à Carcassonne, sur fond de démoralisation de l’armée ; enfin le PDG de France Télévisions, Patrick De Carolis, a lancé un bruyant pavé dans la mare, estimant que « le compte n’y est pas » pour faire face à la suppression de la publicité sur ses chaînes. Plus : il a trouvé « faux, stupide et injuste » le propos du chef de l’État qui avait jugé les programmes des télés publiques et privées trop ressemblants.
N’en jetez plus : la cour de l’Élysée est pleine… et la cote de confiance du chef de l’État à son plus bas niveau, selon un sondage réalisé par CSA après son intervention de lundi sur France 3.
Nicolas Sarkozy affirme vouloir faire avancer ses réformes. Ira-t-il vraiment loin s’il n’obtient pas l’adhésion des corps concernés ? C’est la première fois sous un président de droite de la Ve République que l’armée vit un tel malaise. Et c’est aussi la première fois depuis Giscard que les journalistes de l’audiovisuel se sentent à ce point menacés.
Il est ridicule d’accuser, comme l’a fait Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy de « récupération politique » parce qu’il a célébré au nom de la France la libération d’Ingrid Betancourt. Il était pleinement dans son rôle.
Certes, cette libération a été une bouffée d’oxygène bienvenue, au soir d’une journée du 2 juillet infernale pour l’Élysée. Nicolas Sarkozy a été en quelque sorte sauvé par le gong. C’est ce qui déplaît à Ségolène Royal, toujours mauvaise joueuse. Cela dit, le match de boxe ne va pas tarder à reprendre… à l’Élysée comme au PS.











