François Mitterrand avait commencé le travail, qui est désormais achevé : le PS a dépouillé le PCF, son vieux rival, de ses voix et de sa substance. Il lui a tondu la laine sur le dos, reprenant ses circonscriptions, ses municipalités, et même le département symbole de la Seine-Saint-Denis. Mais la nature a horreur du vide. Il y a toujours eu deux gauches en France et les antilibéraux, qui n’ont pas réussi à s’entendre pour la dernière présidentielle derrière José Bové, sont en train de se fédérer derrière Olivier Besancenot, le facteur qui monte dans les sondages. Le PS est condamné à avoir un parti qui le dépasse sur sa gauche.
Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) veut se débarrasser des oripeaux du trotskisme qui transforment la LCR en épouvantail. Il s’est taillé un costume jeune et vise large, de l’extrême gauche aux bourgeois bohèmes. Le bolchévisme est mort, vive le bobolchévisme, comme l’a déjà surnommé « Marianne » ! Les gros bras, les minettes, les déçus du PS et du PC, les antinucléaires, les homos, les féministes, tout le monde est le bienvenu, même les moins recommandables. Olivier Besancenot a récemment déjeuné en compagnie de Jean-Marc Rouillan, ex-fondateur du groupe terroriste Action Directe, actuellement en semi-liberté. Quel contraste avec la présence, hier à la Plaine Saint-Denis, de la pimpante Clémentine Autain, ex-adjointe au maire de Paris. La chèvre et… la choute, le côté obscur de la force et son côté bon enfant.
Le PS soupçonne Nicolas Sarkozy de favoriser en sous-main la montée d’Olivier Besancenot pour lui mettre des bâtons dans les roues. Ce serait la réponse du berger à la bergère : François Mitterrand n’avait-il pas offert des députés à Jean-Marie Le Pen, grâce à la proportionnelle, pour mieux encercler la droite classique ? Il a fallu attendre Nicolas Sarkozy pour que celle-ci sorte du piège. Au PS d’en faire autant, en inventant une nouvelle façon de faire de la politique à gauche.











