Il y a 100 ans, en 1908, mourait à Sélestat le sculpteur Armand Gachon. Aujourd’hui méconnu, il était pourtant un artisan et un artiste prolifique et éclectique.
On lui doit les décorations de la façade du tribunal de Sélestat, le fronton de la maison située au 8, place Gambetta, à côté de la Bibliothèque humaniste. L’arc de la porte d’entrée de l’église protestante de Sélestat ou encore le fronton de la mairie de Villé sont aussi nés de son labeur et de son art. Question : qui est-il ? Peu de gens assurément connaissent la réponse : Armand Gachon, sculpteur de son état, installé à Sélestat, mort il y a cent ans, en 1908.
Les chapiteaux de plusieurs piliers de l’église Sainte-Foy, quantité de sculptures en bois, de monuments funéraires, de statues et de calvaires témoignent, à Sélestat et dans la vallée de Villé, d’une œuvre particulièrement féconde, durant plus de trente ans, depuis le milieu des années 1870.
Armand Gachon était né en 1845 en Loire-Atlantique, où son père Antoine, originaire d’Altkirch, était gendarme à cheval. Il étudia aux Beaux-arts, à Paris, avant de se lancer dans le compagnonnage. Ce qui le conduisit en France, en Suisse, en Croatie, en Pologne, en Autriche.
Armand est revenu à Villé, où se trouvaient ses parents, vers 1876, année de la mort de son père. Il y a épousé Caroline Meister, fille du cordonnier, et a installé son atelier dans les locaux de son beau-père.
À cette époque, Armand fut embauché par le vicomte Théodore de Castex qui restaurait son château de Thanvillé, très abîmé par la guerre de 1870. Il y travailla une dizaine d’années, réalisant les gueules grimaçantes et quelques autres décorations extérieures. Deux cheminées monumentales, des bancs-coffres en bois, des blasons. Une statue de la Vierge au rosaire, édifiée dans le parc en 1895, sera sa dernière œuvre au château. Mais, trois ans plus tard, Armand Gachon a encore réalisé la stèle funéraire du vicomte.
« Il était très minutieux, relève Éliane Striebel, arrière-petite-fille du sculpteur. Il se documentait pour reproduire de façon authentique les moindres détails d’habillement ou les objets mis en scène, quelle que soit l’époque représentée ». Les scènes de chasse des cheminées de Thanvillé ou les coiffes détaillées des personnages grands d’une vingtaine de centimètres sur les coffres en bois en témoignent.











