Sa réalisation n’est pas pour demain, mais l’électrification de la ligne de chemin de fer entre Épinal et Belfort a désormais une association de supporters.
L’Association pour l’électrification de la ligne Epinal-Belfort est née vendredi à Belfort en présence notamment du président du Sénat, Christian Poncelet, et des maires des deux villes.
Cela fait un moment que les Lorrains travaillent sur ce dossier. Ils ont d’ailleurs réussi à inscrire le financement de l’étude de ce chantier dans le contrat de projets 2007-2013 entre L’État et la Lorraine « grâce au soutien de Raymond Forni », a révélé Christian Poncelet.
En l’absence à la mairie de Belfort d’un représentant du conseil régional, d’aucuns se sont demandés si le soutien de la région Franche-Comté était encore acquis à ce projet. Etienne Butzbach, maire de Belfort, s’est voulu rassurant, mais sans réelle conviction et des représentants lorrains étaient perplexes quant au motif de cette chaise vide.
Conforter Épinal et Belfort
Mais pourquoi donc électrifier cette ligne de quelque 90 km entre les deux villes de l’Est alors qu’il y a encore tellement de chantiers ouverts et non entièrement financés (réouverture de la ligne Belfort-Delle, deuxième tranche de la branche Est du TGV entre Petit-Croix et Mulhouse) ? Tout simplement à cause de l’arrivée du TGV Rhin-Rhône en gare de Meroux en 2011.
Car au-delà de la modernisation et de l’électrification de ce tronçon, il s’agit en fait d’assurer une liaison entre la ligne TGV Est et la ligne TGV Rhin-Rhône.
« Le projet concerne la Lorraine en général ainsi que Luxeuil, Lure et Belfort. Il permettra de conforter Épinal qui ne se trouvera plus en bout de ligne et permettra à Belfort de devenir un carrefour, la liaison Epinal-Belfort venant conforter la liaison actuellement à l’étude avec la Suisse », explique Christian Biston, cheville ouvrière du projet et membre du CES de Lorraine.
« La bataille pour l’électrification de la ligne Belfort-Epinal est une bataille centrale, vous pouvez compter sur nous », a déclaré le maire de Belfort à l’adresse d’un parterre convaincu. Seul le représentant suisse a esquissé quelques « nuages », notamment quant aux « décisions qui restent à prendre quant à la réouverture de Belfort-Delle ».
« La brise lorraine va nous permettre de chasser les nuages », a esquivé Etienne Butzbach jusqu’au moment où le président du Sénat a mis le doigt sur « le problème financier ».
« Nous serons sollicités en tant que collectivités locales, alors préparons nous ! », a lancé Christian Poncelet en précisant que « l’idéal serait que les études soient achevées en 2013 pour un début des travaux en 2014 ».
Christian Poncelet : « Préparons-nous ! »
A constater les âpres discussions sur le seul montant de la cotisation des adhérents à l’association (50 euros par collectivité !), on n’ose imaginer ce que sera le tour de table du financement global de l’opération estimé entre fourchette de 40 à 100 millions d’euros.
claude.mislin alsapresse.com











