À 19 ans, Younes Larget ressemble à une sorte de poupin indolent, qui n’aurait grandi que physiquement. Tout ce qu’il porte est de marque : tee-shirt, jean’s artistiquement délavé, chaussures de sport… Le jeune prévenu ne fait rien de ses journées et n’a pas de revenus — ce qui ne l’empêche pas de soigner son « look » jusqu’à la barre du tribunal.
Depuis mi-avril, il est fâché avec sa mère. En attendant de se rabibocher, il loge chez sa grand-mère. Pourquoi la mère est-elle fâchée ? Justement à cause des faits qui amènent Younes au tribunal, ce vendredi matin : le 13 avril dernier, au sortir d’une boîte de nuit du centre de Mulhouse, Younes et quatre de ses copains accostent un jeune de leur âge, pour lui réclamer des cigarettes. Pas de chance, c’est un non -fumeur. Pas grave : Younes lui réclame sa paire de lunettes de soleil… Seul contre quatre, l’autre n’a pas trop le choix. Il s’exécute, avant de prendre la fuite. Rentré chez lui, sa mère appelle aussitôt la police… Et une patrouille retrouve bientôt Younes, grâce à son signalement. L’arrestation est sportive : le jeune homme se rebelle et il fait même chuter un policier.
« Vous me paraissez bien décontracté »
Question de la présidente de l’audience au prévenu, hier matin : « Est-ce que vous vous rendez compte que ce genre d’agression aurait pu vous valoir une comparution immédiate, menottes aux poignets ? » Oui, Younes s’en rend compte — du moins, il l’affirme, mais sans convaincre personne. « Vous me paraissez bien décontracté !, s’indigne le vice-procureur Olivier Colonniers. Vous savez quelle est la peine maximale encourue, pour extorsion ? Sept ans ! » Il requiert 18 mois de prison, assortis d’un sursis-mise à l’épreuve et de l’obligation de suivre une formation ou de chercher un emploi. « Mon client est prêt à assumer les faits et à indemniser les victimes », plaide Me Claire Bihan-Faou, pour la défense de Younes.
Jugement, huit mois de prison — trois mois ferme, cinq avec sursis-mise à l’épreuve durant deux ans. Du côté des parties civiles, le jeune agressé reçoit 400 de dommages et intérêts et le policier molesté, 150 .
Ça n’est pas fini, car Younes comparaît dans la foulée avec deux comparses (Anthony, 18 ans, et Paul, 19 ans), dans le cadre d’un autre délit : un vol commis dans la nuit du 19 avril dernier dans l’école maternelle de Flaxlanden. Les trois olibrius ont fracturé la porte du bureau de la directrice, avant de faucher une imprimante et diverses babioles. Depuis, le butin a été retrouvé et les services communaux ont réparé la porte, mais le maire réclame tout de même 35 de dommages et intérêts, « pour le principe ». Réquisitions du parquet : trois mois ferme pour Younes, cinq mois de sursis pour les deux autres. Du côté de la défense, Me Claire Bihan-Faou sollicite la clémence du tribunal. Jugement : 180 heures de travaux d’intérêt général pour chacun des trois prévenus ; ils devront en outre payer solidairement 35 de dommages et intérêts à la commune de Flaxlanden.











