À défaut d’enrayer son historique série de dix défaites consécutives, le RCS va au moins s’efforcer de ne pas encaisser une nouvelle humiliation ce soir (20 h 50) au Vélodrome, pour le baisser de rideau en L 1, face à un OM qui abat sa dernière carte dans la course à la Ligue des Champions.
C’était le samedi 6 mai 2006. Pour la 37e journée de L 1, le Racing, déjà condamné à la relégation, se déplaçait à Marseille. Les hommes de Jacky Duguépéroux, qui s’apprêtait à passer la main, n’avaient plus rien à perdre, ni à gagner d’ailleurs. Débarrassés de toute pression, ils étaient allés tenir en échec l’OM de Jean Fernandez (2-2). Grâce au premier et à ce jour dernier but de Rudy Carlier en L 1, le RCS avait même mené au Vélodrome jusqu’à 18 minutes de la fin.
Ce jour-là, le club phocéen, à la lutte avec Lille pour une qualification au tour préliminaire de Ligue des Champions, avait dilapidé deux points précieux et ses chances de décrocher son visa pour la « Coupe aux grandes oreilles. » Dans le même temps, les Lillois avaient en effet dynamité le champion de France lyonnais (4-0) et pris un avantage décisif.
Deux ans plus tard, on prend les mêmes et on recommence. L’OM est toujours en course pour le 3e ticket de Champions’League, mais n’a plus son destin en main. A l’aube de la 38e et dernière journée 2007-2008, le groupe d’Eric Gerets compte un point de retard sur le 3e, Nancy, qui reçoit Rennes. Une victoire des Nancéiens leur permettrait d’asseoir leur position sur la dernière marche du podium et de valider leur ticket pour la Ligue des Champions.
Mais avant de jeter un œil du côté du stade Marcel-Picot, les Marseillais doivent d’abord faire le boulot au Vélodrome. Sur la Canebière, le Racing, qui reste sur une série – record après-guerre – de dix défaites, ressemble à de la petite bière. Mais les Olympiens n’ont pas oublié la dernière visite des Alsaciens, évoquée ci-dessus.
Bien sûr, le RCS est loin de ces considérations de « riches. » Trois jours après la confirmation de Jean-Marc Furlan au poste d’entraîneur, il songe surtout à ne pas prendre une nouvelle fessée ou, en tout cas, à en recevoir une moins cinglante que les trois dernières à Rennes (3-0), Nancy (3-0) et contre Caen (1-4). Trois déroutes qui ont entériné non seulement la relégation, mais aussi une évidente forme de renoncement. « Cette semaine, il n’a été question que de mobilisation, de colère et de haine terrible de la défaite », pointe Furlan. « Lors de nos entretiens individuels avec les joueurs, nous avons fait notre autocritique, cherché à comprendre ce qui avait bien pu se passer. L’un d’eux m’a dit fort justement : "C’est comme si un serpent venimeux nous avait piqués au talon. Le temps que le venin monte au cerveau et que nous nous rendions compte que nous étions en danger de mort, c’était trop tard. C’était fini". »
« Ça rappelle 2007 »
Malgré des appuis solides au club, l’entraîneur, qui se refuse à en parler, n’ignore pas la fragilité de la confiance que lui a renouvelée son président mercredi. Le précédent Jean-Pierre Papin, conforté le 31 mai 2007 et débarqué le 11 juin, après dix jours d’une partie de poker menteur, a laissé des traces. Les joueurs sont les premiers à s’interroger. « L’an dernier, nous sommes partis en vacances avec un entraîneur et revenus avec un autre », suggère l’un d’eux. « La situation actuelle rappelle ce qui s’est passé en 2007. »
D’aucuns – et le président Philippe Ginestet le premier – diront qu’il ne s’agit là que de vaines conjectures et que la priorité est d’éviter une nouvelle humiliation ce soir dans un Vélodrome en fusion, face à l’armada phocéenne emmenée par Mamadou Niang (l’ex-Racingman 2e buteur de L 1 avec 17 buts) et Djibril Cissé (crédité de 14 réalisations et de retour de suspension). Sans doute. Mais comme souvent au Racing, l’actualité se déroule en cette fin de saison davantage dans les coulisses que sur le terrain.
Suspendu : Kaboré (Marseille).
Absents : à Marseille, Rodriguez (cheville), Krupoviesa, Ziani, Ayew, Hamel (choix de l’entraîneur) ; à Strasbourg, Mulenga (nez cassé), Othon (ménisque), Bah (genou), Lacour (abdominaux), Cohade (pubalgie), Renteria (cheville), Gasmi, Abdessadki, Johansen, Abou, Gurtner, Schneider (choix de l’entraîneur).











