Montrés du doigt par les associations de lutte contre la violence routière, les acteurs de la grande distribution ont lancé hier un contre-feu en annonçant une série de mesures pour sensibiliser les consommateurs d’alcool, notamment à destination des moins de 18 ans.
Mais force est de constater que la prévention a ses limites puisque, malgré les campagnes récurrentes dans les médias, l’alcool est devenu la première cause de mortalité sur les routes de l’Hexagone.
De même, la proposition du ministre Jean-Louis Borloo d’installer des éthylomètres dans tous les débits de boissons, au lendemain d’un week-end de Pentecôte particulièrement meurtrier, risque de ne pas avoir l’efficacité recherchée. Seuls les clients déjà « responsabilisés » iront souffler dans le « ballon » et, le cas échéant, éviteront de prendre la route. Les autres préféreront adopter la stratégie de l’autruche, au risque de se retrouver le nez dans le fossé…
Autre mesure avancée par le ministre, qui, elle, semble rencontrer l’assentiment des spécialistes : l’installation d’éthylotests anti-démarrage — dans un premier temps pour les récidivistes de l’alcoolémie au volant, puis dès la rentrée 2009 dans les autocars scolaires.
Dans l’absolu, une généralisation de ce dispositif à tous les véhicules pourrait être « la » solution pour éviter les centaines de morts que l’alcool provoque chaque année sur les routes. Mais dans la réalité, le coût d’un tel appareillage ne permettra pas sa généralisation à tous les véhicules particuliers, ainsi que l’a souhaité M. Borloo. Quant à équiper les transports en commun et les poids lourds, il faudra bien plus que quelques effets d’annonce pour convaincre les sociétés de ces secteurs, tant la hausse des prix des carburants grève déjà leurs budgets.











