Une critique de Jean-Pierre Papin de la tactique lors du match perdu à Lille (2-1) a officialisé une mésentente avec le directeur technique Daniel Leclercq longtemps sous-jacente et bien inquiétante, alors que le club veut sauver sa place en L1 demain soir face à Bordeaux.
«On a fait une très bonne deuxième mi-temps. On aurait pu jouer comme ça mais une stratégie avait été mise en place. Et elle a évolué», a dit l’ancien Ballon d’Or qui a jugé «possible» le fait d’évoluer contre Bordeaux dans le même système que pendant la bonne période des Sang et Or.
Cette sortie visait la titularisation au poste d’avant-centre de Loïc Rémy, bien meilleur lorsqu’il a retrouvé son rôle de milieu offensif à côté de Maoulida. Voire celle de Demont qui rejouait après plus d’un mois de mise à l’écart. Des décisions qui reviendraient au directeur technique et non à Papin.
Depuis, silence ! Leclercq a eu un petit coup de fatigue et s’est éloigné des terrains. Papin, agressé verbalement hier par des supporters, selon le club, s’est contenté, lui, de lancer aux journalistes: «Je peux vous assurer qu’on fera tout pour gagner et pour sauver ce qui est encore sauvable ».
L’arrivée début 2008 de Leclercq, surnommé «Le Druide», avait surpris. L’attelage avait pourtant, semble-t-il, bien fonctionné. Malgré sa mise sous tutelle, Papin jurait mordicus que c’était lui qui avait demandé de l’aide pour trouver la solution à un parcours chaotique.
Papin : situation délicate
En dépit de quelques signes déconcertants comme Leclercq téléphonant à Papin des tribunes lors du match à Paris (3-0), les deux hommes faisaient front commun. Avec un certain succès, Lens s’imposant devant Lyon (3-0), une victoire qui a donné la fausse impression que l’équipe s’en sortirait facilement.
Mais mi-février, Lens a rechuté. Et les dissensions sont apparues. Leclercq, qui avait pris de plus en plus le pouvoir, a par exemple reproché au Ballon d’Or 1991 sa frilosité. Cependant, pas question officiellement de remettre en cause un duo dont le bilan est pourtant inférieur à celui de Papin seul.
De fait, l’association ne devrait pas survivre à la saison. Leclercq, comme il le souhaite, pourrait s’éloigner des terrains. Il devrait occuper le vrai rôle de directeur technique prévu dans le contrat qu’il a signé pour une durée de deux ans et demi.
Papin se trouve, lui, dans une situation délicate. C’est d’autant plus vrai que ses relations avec le président Gervais Martel ne sont peut-être plus au beau fixe. Un témoin a raconté qu’une discussion entre lui et Martel dans les couloirs du Stadium après l’échec à Lille avait été plus que houleuse.











