Venus de l’île de Madagascar, ils ont enthousiasmé le public du Fimu avec leur musique traditionnelle revisitée.
Les musiciens de Médicis, venus de Madagascar, ont mis le feu avant-hier à la scène de la République, comme l’a remarqué le maire de Belfort Étienne Butzbach.
Ils sont trois, Médicis, accordéoniste et chanteur ayant donné son nom au groupe, "Coco", chanteuse et "Petit", percussionniste.
L’accordéon est utilisé à Madagascar pour le Renitra, un rituel destiné à délivrer les gens possédés par des esprits malsains. « Le même rythme sans le côté rituel est baptisé Tsapiky. Il est à la base de notre musique. L’accordéon est le premier instrument étranger arrivé sur l’île au XIXe siècle avec les marins », explique Médicis. Ils ignoraient que l’accordéon était l’invité d’honneur du festival mais apportent la démonstration que cet instrument est capable de jouer toutes les musiques.
Le groupe a déjà bien "roulé sa bosse". Il a été fondé le 21 juin 1999 pour la Fête de la musique et s’est produit régulièrement sur les îles voisines que sont La Réunion, Maurice, Mayotte. Ils ont même été sélectionnés pour le festival de l’océan Indien sur l’île Rodrigues.
Les jeunes négligent les instruments traditionnels
Leur manager a découvert le Fimu sur internet et les a aidés à monter un dossier pour venir jouer à Belfort.
Ils l’ont découvert plus tard, mais la venue d’un groupe Malgache au Fimu est une tradition depuis 2004.
Le Danjoutinois André Castelli, amoureux de l’île, avait présenté le festival à l’alliance française de Tananarive. Cette institution, avec le centre culturel Albert-Camus, facilite depuis la venue d’un groupe chaque année. « André fait beaucoup pour faire connaître les musiciens de Madagascar, c’est un plaisir de venir chez lui partager un repas au cours du festival » souligne Médicis.
Sur place, il y a du boulot pour vivifier la tradition musicale. « Les jeunes négligent souvent les instruments traditionnels et utilisent des synthétiseurs », regrette Médicis. La musique du groupe, forgée dans la tradition, a su évoluer et se marier avec d’autres influences pour faire vibrer les foules. « Il faut inventer, mélanger les sons pour aller à la rencontre de tous les publics », conclut le musicien. Le mélange fonctionne bien, à voir les spectateurs enchantés par ces mélodies venues de loin.











