C’était au temps où on construisait la Porte Jeune qu’on vient de casser. Pour la transformer complètement, en un grand carrefour.
Si la Porte Jeune pouvait raconter son histoire, on en aurait pour un moment. Vraie porte de l’ancienne enceinte de Mulhouse (contrairement au Bollwerk par exemple qui ne formait qu’une tour de défense), elle doit son nom à une famille Jung qui possédait des immeubles dans le coin. Comme Jung en allemand veut dire jeune, au lieu de l’appeler porte Jung les férus du dictionnaire allemand-français en ont fait la Porte Jeune.
Voitures en haut, piétons en bas
En ces temps de jeunisme omniprésent, le nom est plutôt bien trouvé pour un site en pleine métamorphose en ce moment, intersection des deux lignes de tramway et lieu d’implantation d’un centre commercial qui ouvrira à la mi-octobre et qui porte beaucoup d’espoirs mulhousiens.
Et cette photo ? Les plus anciens s’y retrouvent. Pas les autres. Suivez le guide. L’image est prise à peu près à hauteur de l’ancien immeuble de la Banque populaire, à l’angle de l’avenue Aristide-Briand.
Ce qu’on voit au premier plan, c’est la construction du passage souterrain pour piétons — aujourd’hui disparu. À l’époque, il y avait des partisans de l’option inverse : piétons en haut, voitures en souterrain. Trop cher.
À gauche, débouché de la rue de l’Espérance — aujourd’hui avenue Schuman. L’immeuble en construction est celui qui abrite les DNA. Le premier d’une longue série d’autres immeubles d’habitation.
Les restes de la Dentsche
Au fond à droite subsistent des bâtiments de la Dentsche. Cette ancienne usine textile avait été reconvertie en une sorte de pépinière d’entreprises. C’est sur son énorme emprise, allant jusqu’à la rue de Stalingrad, qu’ont été réalisés à la fois la nouvelle Porte Jeune, la place de l’Europe (disparue elle aussi) et tout un nouveau morceau de ville.
De très étroit jusque-là, le carrefour de la Porte Jeune est en train, sur la photo, de devenir très large. Il va le rester plus de quarante ans. En 2008, ce n’est plus un carrefour, c’est devenu une grande place pavée sur laquelle roule le tram.
De quand, la photo ? 1960, un poil avant, un poil après, difficile à dire. Reste à construire le parking souterrain, la place de l’Europe et au fond, à l’endroit où on aperçoit encore des toits d’usines, un grand magasin qui s’appellera Inno.
Un grand chambardement tous les quarante ou cinquante ans, c’est raisonnable pour une ville comme Mulhouse. À l’heure où s’achève le dernier en date, il n’était pas inintéressant de rappeler un peu le précédent.











