Les États généraux de la résistance et de l’espoir ont permis d’interroger le rôle et la responsabilité de la société civile dans la résolution de la précarité et de l’exclusion. Ils ont réuni environ 150 personnes, membres d’associations et visiteurs, presque à égalité.
Les visiteurs en situation de précarité ont majoritairement été invités par « Bouge ta galère », « Caritas », et l’« Action catholique ouvrière » (ces deux dernières associations ne regroupant pas que des chrétiens). Les plus favorisés venaient essentiellement des réseaux amicaux ou professionnels des exposants.
Le matin, chacun a pu, d’un stand à l’autre, découvrir ou approfondir sa connaissance de l’offre de services existant pour lutter contre la pauvreté et créer du lien. L’après-midi a été consacré au travail en ateliers, sur des thèmes comme nourrir, habiter, soigner, apprendre, travailler, communiquer, accueillir l’étranger, etc. Plusieurs personnes ont ressenti ces lieux d’information, de débat et de propositions immédiates comme un déclic, et affirmé que la réflexion devait se poursuivre, individuellement et en groupe.
Signes d’espoir et signaux d’alerte
L’assemblée générale a synthétisé les pistes d’espoir, mais aussi les signaux d’alerte, et les perspectives d’action. Le président du Comité de vigilance, Eligio Macuba, fait un premier bilan : « Le but, se connaître entre associations, a été atteint, la rencontre entre personnes en situation de pauvreté et d’autres plus nanties un peu moins ; néanmoins des propositions ont été construites avec détermination. Beaucoup de convictions ont été manifestées, fondées sur l’expérience et non l’idéologie. Parmi elles, mettre l’homme et non l’économie au cœur de toutes les décisions, travailler à définir le nécessaire et l’utile dans une perspective de développement durable tant il apparaît que notre société s’égare dans le gadget, entrer dans une économie circulaire pour réparer, recycler, relocaliser.
L’importance déterminante de la société civile dans la résolution des crises a été réaffirmée clairement. L’État ne peut par lui-même qu’édicter des normes, installer des contrôles, alors qu’il peut aussi, si l’offre existe, puiser dans les expériences fructueuses de terrain pour réduire l’écart entre personnes en situation de pauvreté, et les autres. »
La conclusion a été donnée par une phrase de Fabrice, ingénieur béninois, sous forme d’une sentence africaine : « Si tu n’éteins pas le feu qui brûle chez ton voisin, il va t’atteindre aussi ».
Des actions à mener rapidement
Des perspectives ont émergé : participer à des manifestations, comme le 7 juin à Fribourg dans le cadre du mois de l’utopie (défilé dans les rues pour affirmer que « Tout Homme a droit à une bonne vie ») ou le 12 juin à Mulhouse (séminaire à l’Université de Haute-Alsace). Des actions à mener, organisables rapidement et assez facilement pour mieux capitaliser et partager les expériences ont été recensées : échanges de stagiaires, mutualisation d’expériences, lancement d’une mutuelle solidaire, ouverture d’un magasin solidaire, création d’un outil Extranet qui permette aux associations et à leurs membres de communiquer.
Une évaluation sera réalisée avec tous les partenaires le 12 mai, qui permettra d’approfondir les regards et de mieux dessiner les orientations et les actions à entreprendre suite à cette rencontre.











