L’emploi salarié a progressé de 0,4% au 3e trimestre principalement grâce à la construction, entraînant davantage de créations nettes d’emploi sur les neuf premiers mois de 2007 qu’à la même période de 2006.
Un total de 66 200 postes ont été créés dans le secteur concurrentiel comparé au 2e trimestre et 312 200 (+1,8%) par rapport au 3e trimestre 2006, selon des chiffres diffusés hier par le ministère de l’Emploi, supérieurs aux statistiques provisoires de mi-novembre. Fin septembre, la France comptait 18 millions de salariés.
Le Premier ministre François Fillon avait prédit dès mercredi «de très bonnes nouvelles», «avec 300 000 emplois nouveaux» créés en un an «contre environ 230 000 l’an passé». Au 2e trimestre, l’emploi salarié avait progressé de 0,4%, après une hausse de 0,7% au premier.
Un nouveau record
L’Unedic, dont le champ est légèrement plus étroit, a fait état d’une hausse de l’emploi salarié de 0,3% (+48 600 postes) et de 1,5% sur un an (+245 100), totalisant un nouveau record de salariés (16 490 100) fin septembre. Les prévisions 2007 seront «très vraisemblablement dépassées, ce qui pourrait en faire la meilleure année depuis le début du siècle et marquer un enrichissement de la croissance en emplois», a-t-on commenté à l’Unedic.
La construction, qui crée des emplois depuis la mi-2003, a enregistré la plus forte progression de ses effectifs salariés, de 1,4% sur le trimestre et de 4,6% sur un an. Mais «ce secteur semble atteindre un palier», a noté l’Unedic.
L’emploi dans le tertiaire, en hausse quasi continue depuis la mi-2001, a crû de 0,5%, «un peu moins rapidement» qu’au 2e trimestre, et de 2,4% sur un an, selon la Dares (ministère de l’Emploi). En revanche, dans l’industrie, l’hémorragie entamée depuis six ans s’est accélérée avec une baisse des effectifs de 0,4% et de 1,3% sur un an.
Si les économistes ont salué des chiffres «plutôt bons» et «cohérents avec le taux de chômage» en baisse, ils ont prévenu que 2008 devrait marquer un ralentissement des créations d’emplois. L’Unedic attend «un ralentissement des créations nettes d’emplois en 2008 (182 000) avec une hypothèse de croissance de 2%».
Pour Mathieu Lemoine (Observatoire français des conjonctures économiques), «la situation plutôt bonne pour 2007 devrait s’inverser». «Pour 2008, nous tablons sur un net ralentissement des créations d’emplois (120 000 après 280 000 prévues en 2007) malgré une hypothèse de croissance à 2,6%, car les entreprises devraient resserrer leurs effectifs pour préserver leurs marges», a-t-il dit.
Alexander Law (cabinet Xerfi) attend en 2008 «une hausse limitée à 0,6% des créations d’emplois (environ 100 000) avec une croissance de 1,4%».











