La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a présenté hier un plan intitulé « Réussir en licence » visant à « diviser par deux le taux d’échec » en première année à l’université, qui a reçu un accueil globalement favorable des acteurs universitaires.
Rénovation du contenu de la licence, meilleure orientation, accompagnement personnel renforcé et meilleur aiguillage des bacheliers technologiques et professionnels vers les IUT et STS (ex-BTS), tels sont ses axes principaux.
Avec ce plan, à l’étude depuis juillet, le budget de l’État consacré à la licence, de 500 millions d’euros en 2007, passera en 2012 à 714 millions d’euros (soit une augmentation de 43 %), grâce à un investissement de 730 millions qui sera étalé progressivement entre la rentrée 2008 et la rentrée 2012. Cette enveloppe correspond à l’engagement de l’État de doter le budget de l’enseignement supérieur de 15 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2012.
À partir de la rentrée 2008, les étudiants bénéficieront, en moyenne de cinq heures hebdomadaires supplémentaires - cours ou tutorat - pour chaque année de licence. La 1ère année de la licence, baptisée « fondamentale », deviendra « pluridisciplinaire » et mettra l’accent sur la culture générale, les langues étrangères, l’informatique, la méthode et l’autonomie. Le nombre des cours en amphithéâtre devrait être réduit.
Les étudiants bénéficieront du soutien d’un « enseignant référent ». La deuxième année, « de consolidation », rénovée à la rentrée 2009, constituera la véritable étape d’entrée dans la spécialisation disciplinaire.
« Si on s’est trompé de cursus, une réorientation sera possible en fin de premier semestre, de première année », a précisé la ministre. De même des passerelles seront possibles vers les IUT ou les STS.
Diviser par deux le taux d’échec
Au cours de la troisième année, « de spécialisation », rénovée à la rentrée 2010, les étudiants devront valider un stage, qui selon la ministre ne devra pas excéder « a priori plus de trois mois ». A la prérentrée, l’étudiant signera « un contrat de réussite » contenant des « engagements réciproques » et qui prévoit « la mise en place de tutorat en cas de difficultés ».
« Ce plan a pour ambition de diviser par deux le taux d’échec en première année en cinq ans […] et il doit aboutir à remplir l’objectif de 50 % d’une classe d’âge au niveau licence », a résumé Mme Pécresse. 52 % des 280 000 étudiants qui entrent à l’université échouent en première année.
Les acteurs de l’université ont pour la plupart accueilli favorablement ces mesures, au premier rang desquels les étudiants, qui ont retenu une « base de travail intéressante » (Unef), un « plan ambitieux » (Fage), des mesures qui « vont dans le bon sens » (Cé). La Conférence des présidents d’université, « satisfaite », a salué des « moyens conséquents », l’Unsa-Education un « plan d’avenir », le Sgen-CFDT des « annonces très positives ».
En revanche, le Snesup-FSU (majoritaire) a parlé d’un « plan pseudo-concerté », annoncé de surcroît alors que « les moyens n’existent pas, et sans création d’emplois statutaires ». Une critique également relayée par l’Unsa-Education, le Sgen-CFDT et l’Unef, qui ont réclamé un plan de recrutement.
Ce à quoi la ministre a répondu que pour 2008, 700 emplois équivalent temps plein étaient prévus, avec le recrutement de 2250 moniteurs (étudiants en thèse qui bénéficient d’une allocation) et qu’il y avait aussi possibilité de recourir aux heures supplémentaires.











