Yvan Colonna a clamé une dernière fois son innocence hier avant que les sept magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris, ne se retirent pour décider de son sort. « Au bout d’un mois de procès, je pense avoir répondu sincèrement à toutes les questions qui m’ont été posées. Je n’ai rien d’autre à ajouter, si ce n’est que je réaffirme avec force que je suis innocent », a-t-il dit aux juges d’une voix moins assurée, plus émue, que celle qu’il a souvent fait retentir dans le box pour se défendre.
Le verdict a été accueilli par des jets de pierres et l’incendie de quelques poubelles à Bastia, où quelque 80 personnes s’étaient massées devant le palais de justice de Bastia en fin d’après-midi. A Ajaccio, l’annonce de la condamnation d’Yvan Colonna a été accueillie dans le silence par les 80 militants nationalistes réunis eux aussi devant le palais de justice.
« Yvan Colonna a été condamné sans preuve au bénéfice du doute. C’est un renversement complet de nos grands principes : normalement, le doute profite à l’accusé », a réagi Me Philippe Dehapio, avocat de la défense. « Je suis persuadé que les magistrats n’étaient pas certains à 100 % de la culpabilité d’Yvan Colonna. Ils auraient dû avoir une décision logique, c’est-à-dire l’acquitter », a-t-il estimé, précisant que la défense allait faire appel.
« Dans ce dossier, Yvan Colonna est condamné alors qu’il n’y a aucune preuve matérielle. Il s’agit d’une dissertation sur des mises en cause rétractées, il n’y pas de preuve », a-t-il ajouté.











