Mystérieuse, cette peinture sur bois faite de planches assemblées l’est toujours. Mais le panneau découvert en août 2005 dans un faux plancher de la cour du prélat à la faveur de travaux est désormais entre les mains de spécialistes. Dans le cadre d’une convention passée entre la Ville de Sélestat et la société Schongauer, il a été remis hier soir à la conservatrice du musée d’Unterlinden, Pantxika de Paepe, et Aubert Gérard, directeur du Centre régional de restauration et de conservation des œuvres d’art de Vesoul. Ce centre est spécialisé dans la peinture, la sculpture, les meubles et les textiles.
Six mois de soins
Le fragment de retable, que les estimations situent autour de 1430, bénéficiera d’une stabilisation complète du bois puis d’un fixage des deux couches de peinture. Seulement alors pourra être retiré le papier japon qui a été fixé avec un gel non pénétrant afin de protéger les peintures qui se décollent à cause des déformations du bois. Ensuite, le panneau sera désinctisé par placement quatre semaine en atmosphère sans oxygène. Viendra alors le refixage de la polychromie. Au bout de ce stage d’environ six mois, l’œuvre pourra enfin subir un examen précis de son état, duquel découleront des propositions de restauration. Suivra alors la restauration elle-même, avant que l’objet ne soit exposé au musée d’Unterlinden, à Colmar, où il restera au minimum dix ans, avec mention de son appartenance sélestadienne. En contrepartie, c’est le musée qui financera la restauration, estimée à 30 000 . Mais le public devra patienter maintenant entre un et deux ans pour découvrir ce chef-d’œuvre dont on ignore tout de sa provenance et de son histoire. Une nativité et le massacre des saints innocents d’un côté, un ange musicien de l’autre : voilà tout ce qu’on sait de cette pièce étonnante.











