Une longue, très longue campagne électorale s’est officiellement achevée cette nuit à minuit. Elle a pris ses racines dès 2002 et la confrontation avortée entre Jacques Chirac et Lionel Jospin. La gauche et la droite ont tout fait pour éviter un deuxième « accident Le Pen », la première en resserrant les rangs autour du PS, la seconde en s’adressant aux électeurs du Front National et plus généralement aux couches populaires sans les tabous de langage du passé. Nicolas Sarkozy depuis cinq ans, Ségolène Royal depuis 2006, ont joué un rôle moteur dans ce qu’il faut bien appeler un rajeunissement du comportement politique. Chacun à sa façon a bouleversé la donne, figée depuis des lustres, dans son camp respectif. Nicolas Sarkozy a « déchiraquisé » l’UMP, Ségolène Royal a envoyé paître les éléphants du PS.
Il y a eu des traumatismes de part et d’autre, mais les Français ont applaudi des deux mains. Cette campagne électorale les a passionnés. Ils ont recommencé à s’intéresser à la politique, devant leur télé et aussi dans les meetings qui ont fait le plein. Mieux : les électeurs ont activement participé à la remise à neuf en se rendant massivement aux urnes et en sanctionnant les deux candidats dinosaures du 1er tour, Jean-Marie Le Pen et Arlette Laguiller. C’est sûr, la « vieille classe » politique ne les intéresse plus. Ils veulent d’une nouvelle génération, ancrée dans le XXIe siècle.
Pour la première fois depuis de longues années, les Français n’ont pas voté contre un homme, un traité ou un gouvernement, mais pour construire la société de demain.
L’élu(e) de ce dimanche n’aura pas le droit de les décevoir. La classe politique a réussi à renouveler son look. A elle de montrer que ce changement n’est pas que de façade. Sinon, gare au retour de bâton, une deuxième chance de se racheter de tant d’années de promesses non tenues ne se représentera pas de sitôt.











