Le timbre dédié au Ballon d’Alsace représente en fait le Ballon… de Guebwiller. Françoise Eslinger, directrice de Philaposte à Paris, explique l’erreur de la Poste et s’en excuse. Mais le timbre ne sera pas retiré.
« Je suis alsacienne et je comprends l’émoi de mes compatriotes », assure la directrice de Philaposte, le service chargé d’éditer les timbres postes. En effet, pour Françoise Eslinger, le ballon, c’était la montagne qui est ronde
« Le ballon d’Alsace était pris avant tout au sens générique. Je m’en excuse. Surtout d’avoir pris une photo du Ballon de Guebwiller au lieu du Ballon d’Alsace. Il s’agit d’une erreur bien involontaire. »
«Les erreurs, cela fait partie de la vie»
Et pourtant, ce que reconnaît la directrice de Philaposte, « sur ce timbre, ce qui est visible, c’est le point blanc au sommet, qui représente le radar. Mais le timbre ne sera pas retiré de la vente ». Fabriquer un timbre, trouver la bonne photo, le mettre en impression et ensuite d’avoir la logistique pour l’acheminer dans les 17 000 bureaux de vente de La Poste est une opération complexe. « Et le retirer de la vente devient un travail monumental », souligne la directrice.
« Il y a un ballon, certes, c’est le moindre mal, et les erreurs, cela fait partie de la vie. Il n’y a pas péril en la demeure », reconnaît Mme Eslinger. Il est certain, que si la poste avait inscrit sur le timbre « ballons d’Alsace » au pluriel au lieu de « ballon d’Alsace », il n’y aurait pas eu d’erreur, puisque l’objectif de la Poste était bien d’éditer un timbre sur les montagnes rondes des Vosges avant tout. « Nous n’avons pas pensé qu’il y aurait confusion », note-t-elle.
Finalement, le timbre du Ballon d’Alsace à l’effigie de celui de Guebwiller sera édité à 3 millions d’exemplaires. Reste à savoir si, par cette erreur, le timbre va prendre de la valeur. Mme Eslinger avoue ne pas savoir comment se détermine la côte d’un timbre. « La Poste ne fabrique pas les valeurs ».
Dans cette série « La France à voir », la directrice de Philaposte reconnaît avoir déjà constaté une erreur, notamment avec le timbre sur la Camargue. « Le visuel ne représentait pas des taureaux camarguais. »
Trois millons d’exemplaires
Le Belfortain Denis Bringuard, photographe bien connu pour ses images sur la nature et les insectes, qui a fourni le visuel, n’en revient pas. Surtout, il n’était pas au courant, puisque c’est son agence, « Sunset », qui vendu la photo à La Poste.
À quand un timbre sur le 700e anniversaire de la ville de Belfort ? Mme Eslinger n’a pas reçu une telle demande, mais ce ne serait pas impossible en 2009, puisque pour 2008, les 60 timbres édités dans l’année sont arrêtés. « Le 700e anniversaire, c’est une bonne idée ». De quoi contenter les philatélistes belfortain. « Il ne faut pas que mes amis d’Alsace considérent que je les ai trahis, » affirme Françoise Eslinger en renouvelant ses excuses.











