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Quand les Anglo-Saxons empilent les clichés
Aventure d’un Britannique qui récupère une belle terre dans le Midi de la France, « Une grande année » est un assemblage hétéroclite de chromos.

Vous sortez d’un réveillon arrosé de fines bouteilles et vous vous dites que, pour vous remettre la tête à l’endroit, rien ne vaut un bon film. Et voilà que ce premier « gros morceau » du premier mercredi de l’année vient vous raconter des histoires de… vinasse. On imagine le malaise !
Que la France soit le plus beau pays du monde est une évidence flatteuse. C’est bien pour cela que les Anglais viennent squatter le Lubéron et les Hollandais l’Ardèche. L’histoire d’Une grande année est d’ailleurs née autour d’une bouteille de Bandol. D’un côté de la table, Peter Mayle, auteur du best-seller Une année en Provence et, de l’autre, Ridley Scott, Britannique lui aussi mais grandi dans le métier sous les sunlights hollywoodiens. Les deux sont amis depuis le temps où ils travaillaient dans la pub à Londres.
Peter Mayle vit depuis des années maintenant dans le Lubéron et Ridley Scott y possède une maison de campagne et un vignoble.
La fraîcheur du Bandol aidant, les deux ont donc imaginé l’aventure d’un vrai salopard, homme d’affaires dans la City londonienne, prêt à tous les coups pour gagner beaucoup d’argent. Ce type, Max Skinner, reçoit un jour une lettre recommandée lui annonçant la disparition de son oncle Henry. Et voilà que surgissent d’un coup des bouffées d’enfance. Henry, son panama, ses bouteilles, ses cigares, ses parties de tennis et sa piscine.
Abandonnant la froideur bleue de Londres, Max part (en Smart, la voiture française par excellence ?) à la chasse aux souvenirs et entre dans la chaleur ocre-jaune de la Provence… Vous avez deviné qu’il ne s’en remettra pas.
Sur un matériau qui se prête à merveille à tous les clichés ensoleillés sur l’art de vivre en Provence, Scott la joue romanesque pour montrer comment Max Skinner va devenir un type bien. Le problème, c’est qu’on a du mal à voir pointer, dans Russell -Gladiator- Crowe, un humaniste épicurien en devenir.
Là où l’on se marre vraiment, c’est lorsque les personnages français se pointent. Mal rasé, la casquette de travers, le bide en avant sous un maillot sale de l’OM, Francis Duflot est une synthèse. Avec ce vigneron qui cache son jeu, Didier Bourdon en fait des tonnes… Madame Duflot et le grand-père Duflot sont, eux aussi, de pures caricatures…
Quant à la jeune première, le rôle incombe à la mignonne Marion Cotillard qu’on attend impatiemment en Piaf dans La môme. Ici, elle est Fanny et bosse dans un petit restaurant de village où le client a toujours tort. On vous rassure : Max l’emballe sur un air d’accordéon…
In fine, on retient quand même la morale distillée par cette guimauve : il faut savourer la vie comme un grand cru. A la vôtre donc, excellente année et plein de bons films. A venir !

Pierre-Louis Cereja

  • Une grande année
    Comédie dramatique (USA — 1 h 58) de Ridley Scott avec Russell Crowe, Marion Cotillard, Albert Finney, Freddie Highmore, Didier Bourdon, Tom Hollander.

  • Site officiel.

Pierre-Louis Cereja

 


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