| Cest
français et cest fantastique. Cest
du Besson et ça jongle avec les références
mais « Arthur et les Minimoys » est,
bel et bien, une réussite.
On
pouvait sattendre à tout ou
à rien. Bref, sil faut parler bien
franc, on y est allé à reculons.
Et on avait tort ! Car, disons-le tout de go :
Arthur et les Minimoys est épatant. Pour
qui a gardé son âme denfant
et qui accepte donc de se plonger dans des univers
fantastiques où de joyeux héros
ont la taille de fourmis et se battent comme des
géants.
Avec Arthur
, Luc Besson arrive donc, ce
mercredi, au terme dune aventure de cinq
années, le temps nécessaire pour
peaufiner un film de 102 minutes qui contient
une pleine heure danimation 3D. Si on se
laisse embarquer sans peine par le rythme soutenu
de cette aventure, on mesure assez mal le travail
réalisé en coulisses par plus dune
centaine de graphistes réunis par la société
française Buff Compagnie.
Mais évidemment, ce qui importe, cest
bien lhistoire dArthur, gentil gamin
qui rêve aux exploits africains de son grand-père
mystérieusement disparu et se désole
de voir sa grand-mère batailler pour sauver
sa maison de lexpropriation. Mais voilà
que les grimoires du grand-père révèlent
lexistence dun trésor. Pour
latteindre, Arthur va devoir entrer dans
le monde souterrain des minuscules Minimoys
Dans
sa posture déternel mal-aimé
de la presse (parisienne ?), Luc Besson est un
peu gonflant mais il faut reconnaître à
ce vieux gamin ébouriffé un profond
amour du cinoche et une folle envie de faire partager
ses émotions denfant mais aussi ses
idées dadulte.
En effet Arthur fait le mix, manifestement revendiqué,
de la légende arthurienne, dExcalibur,
Mogambo, Harry Potter, Gremlins, Phantom of Paradise,
Lara Croft, Microcosmos, Willow, Alice et Gulliver
sans oublier, évidemment, Le Seigneur des
anneaux et Star Wars, le tout mâtiné
dune touche contemporaine (le DJ rasta fumeur
de joint) mais le film affirme aussi une conviction
écologique : la Terre est trop précieuse
pour la laisser filer à la catastrophe
Alors, sur ces terres danimation où
les Américains excellent, Besson vient
balader sa frenchitude avec lambition, non
de faire mieux, mais de faire autrement. En tout
cas, le jeu de piste initiatique dArthur,
reposant sur des images de synthèse très
réussies, est mené tambour battant
entre monumentaux affrontements starwariens, bons
gags, poésie délicate (les minuscules
Minimoys nichent avec bonheur dans un coquelicot)
et fraîcheur enfantine. On dit bien fraîcheur
et non point innocence car, au premier regard,
Arthur flashe comme un fou sur la belle et aguicheuse
Sélénia qui lui fait le vieux coup
du mépris.
Arthur
et les Minimoys, premier volet dune trilogie
(si le n°1 a du succès) plaira aux
petits et séduira les grands qui feront
le voyage avec eux.
-
Arthur
et les Minimoys
Fantastique (France 1h42) de Luc
Besson avec Freddie Highmore, Mia Farrow,
Ronald Crawford, Penny Balfour, Douglas Rand,
Adam Lefèvre.
- Site
officiel.
Pierre-Louis
Cereja
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