Pas de hiérarchie mais des échanges entre égaux où l'innovation sur différents thèmes est abordée : les règles du barcamp, concept inventé il y a un an aux États-Unis, ont été appliquées à la lettre, récemment à Neudorf. À l'origine de ce barcamp strasbourgeois, Philippe Schoen, directeur d'une agence de communication, fasciné par le monde de l'internet, en particulier alternatif, qui fait la part belle aux logiciels libres comme Linux, un système comparable à celui de Microsoft, mais entièrement gratuit et conçu pour le rester. Constatant l'inertie des institutions pour dynamiser l'innovation, le Strasbourgeois part de la base, des individus, pour créer le flux d'idées nécessaire pour innover. Une trentaine de personnes a répondu à l'invitation envoyée sur le net. Étudiants en informatique, bloggeurs (rédacteur de blog sur internet), créateur d'entreprises et institution comme la région Alsace ont fait le déplacement. « L'idée c'est de faire se rencontrer des gens de milieux différents, ceux à la marge qui « grenouillent » dans leur coin pour parler d'innovation », explique-t-il à la nouvelle communauté, notion chère aux créateurs de ces réunions. C'est d'ailleurs par une visioconférence avec Jean-Michel Billaut, l'un des pères de l'internet et de sa compréhension en France que s'ouvre le session.
« Savoir donner »
Certains d'entre eux sont venus de Saverne, Mulhouse, Nancy ou Paris avec leur tour d'ordinateur, d'autres avec un calepin, beaucoup avec un thème de réflexion. Sur un planning vierge, ils écrivent le thème qu'ils souhaitent aborder avec les autres dans les quatre salles de réunion. L'atmosphère est détendue. « Remplir le wikionnaire du web 2.0 »- « Modèle économique du jeu vidéo passé, présent et futur »- « Blog et entreprise »- « le futur du bureau avec Linux » : les cases de réunion se remplissent rapidement. « Il faut savoir donner dans les barcamps, se livrer en donnant des informations, analyse Louis Montagne, organisateur de barcamp à Paris et présent à celui de Strasbourg. Ce n'est pas évident surtout pour les jeunes créateurs d'entreprises qui ont des idées. Mais les contacts se font quand même entre différentes personnes qui accrochent au fil des barcamps et les échanges finissent par avoir lieu ». À la fin du barcamp, les thèmes sur le planning n'ont pas été épuisés, faute de temps. « Le prochain se fera sur deux jours », conclut Philippe Schoen qui compte attirer des Suisses et des Allemands à son prochain barcamp.











