Le ton est jovial, l'humeur badine. À cinq jours de disputer les championnats du monde par équipes qui pourraient constituer son dernier rendez-vous avec l'équipe de France, Ghislain Lemaire est un homme tranquille. Pour l'heure, le Belfortain pense surtout à profiter de la vie et l'avenir s'inscrit en pointillés. Seule certitude du moment, la forme est là : « Je me sens bien, confie le sociétaire de Franche-Comté Judo. Nous avons multiplié les stages tout au long de cet été pour bien préparer cette échéance parisienne. Je n'ai eu aucun souci et j'aborde donc la compétition en pleine confiance. »
Ne me parlez pas de l'Israélien Zeevi…
Une compétition à laquelle le Belfortain a déjà pris part à deux reprises : « À Minsk (98) et Bâle (2002), nous avons terminé à deux reprises à la 3e place. Sur le papier, nous ne sommes pas favoris face au Japon, la Hollande, la Corée… Mais bon, à domicile, avec la motivation, le soutien du public, on espère à nouveau prendre place sur le podium. On tentera de monter doucement en puissance, un peu comme l'ont fait les footballeurs lors de la coupe du Monde, afin de créer une vraie et belle surprise. » Contrairement aux autres rendez-vous internationaux, « Ce championnat du monde par équipes est bien spécifique, très stratégique », insiste le Belfortain. En effet, deux combattants de chaque nation sont inscrits dans les sept catégories en lice. En fonction du nom de l'adversaire et de sa manière de combattre, les entraîneurs ont la possibilité de choisir leur judoka le plus apte à marquer un point (NDLR : chaque rencontre comprend sept matches) : « Cette année, en moins de 100 kg, je suis avec Christophe Humbert, mon partenaire du FCJ. Les coaches nous ont demandé quels étaient nos désirs, nos bêtes noires. Pour moi, c'est clair, je leur ai dit + Ne me parlez pas de l'Israélien Zeevi, je ne l'ai jamais battu ! + »
Je vais reprendre une vie normale à Belfort
La suite de sa carrière ? Pour l'heure, Ghislain se veut volontairement vague sur le sujet, à l'exception d'un point : « Je quitte l'Insep et Paris. Je vais reprendre une vie normale à Belfort, sans ces incessants va-et-vient entre la capitale et la cité du Lion. C'est un retour aux sources bénéfique, car j'en avais marre de toujours être à droite, à gauche. Je dois finir mon BE2 pour 2007 et je me contenterai d'une semaine de temps en temps à Paris, avec l'accord des entraîneurs nationaux. » Sportivement parlant, le Franc-Comtois espère encore briller avec le FCJ lors du championnat de France par équipes qui se déroulera, début novembre à Besançon : « Ces compétitions par équipes, c'est toujours un peu particulier. Il y a une ambiance sympa, une motivation différente. On est entre nous, on connaît tout le monde. Un titre à Besançon, ce pourrait être un beau cadeau à ceux qui m'ont toujours soutenu. Après, ce sera fonction de ma forme et de mes envies. Même s'il est quasiment acquis que je prolongerai jusqu'en janvier 2007 pour le championnat de France. » Pour décrocher un 6e titre national à 34 ans ?











