Pour Liliane Limacher, directrice adjointe de l'Institut médico-éducatif (IME) Saint-Joseph, l'élément marquant de cette rentrée est l'accentuation du mouvement d'intégration des jeunes handicapés en milieu scolaire ordinaire. « Et cela autant dans le champ de la scolarité que dans celui de la formation professionnelle. » En plus des écoles du premier degré, l'IME a un partenariat avec les collèges Berlioz et Molière à Colmar, ainsi que Prévert à Wintzenheim, où existent des UPI (Unités pédagogiques d'intégration). À l'issue de quoi, quelques élèves poursuivaient en lycée professionnel, « mais c'était très difficile, rien n'était organisé pour eux ». Pour la plupart donc, la solution était de retourner dans un établissement spécialisé, ce qui pouvait être difficile à accepter. Une situation qui changera le 18 septembre, avec l'ouverture de la première UPI du Haut-Rhin en lycée professionnel. Celle-ci sera administrativement basée au lycée Schwendi d'Ingersheim, mais les élèves se déplaceront dans d'autres établissements, selon l'orientation qu'ils auront choisie, la vente (lycée Schongauer), l'horticulture (Pflixbourg à Wintzenheim), la cuisine et l'entretien des locaux (Blaise-Pascal), ou l'industrie (Schwendi). Ils effectueront également des stages en entreprises. À Ingersheim, une enseignante fera le lien entre les différents partenaires et sites de formation, afin de remédier aux éventuelles difficultés, de proposer des outils spécifiques, etc. Elle dispensera aussi des cours dans les matières générales. Les jeunes pourront, en outre, compter sur le pôle d'intégration de l'IME Saint-Joseph (futur SESSAD, service d'éducation spécialisée et de soins à domicile), où ils trouveront « un accompagnement psychologique et éducatif », une aide aux apprentissages de la vie quotidienne (utilisation des transports en commun…), du soutien scolaire.
Obtenir un emploi
Amenés à se déplacer, les élèves devront être autonomes, motivés pour un métier et avoir de bonnes capacités d'intégration. Quatre jeunes sont inscrits pour cette rentrée, mais l'UPI pourra en accueillir jusqu'à dix. Les élèves prépareront le CAP en trois ans, voire le BEP. Pour autant, précise Jean-Luc Biry, directeur pédagogique de l'IME, « l'objectif n'est pas d'obtenir un diplôme, mais d'être dans une démarche de pré-qualification professionnelle, c'est-à-dire d'obtenir un emploi en milieu ordinaire ou d'intégrer un centre d'apprentissage ». « À Haguenau, l'expérience de l'UPI est positive, reprend Liliane Limacher. Les enfants développent une meilleure image d'eux-mêmes. Pour les parents, c'est souvent un motif de fierté, sachant que l'élève doit mobiliser beaucoup d'énergie. » Certains d'ailleurs renoncent en cours de parcours, d'où l'importance de rencontres régulières avec les familles. « Ce sera difficile, admet Jean-Luc Biry. Ce n'est pas le chemin le plus facile, mais c'est le plus ambitieux. »











