Les syndicats de l'énergie sont parvenus hier à mobiliser plus de manifestants et de grévistes qu'en juin contre le projet de fusion de GDF et Suez, promettant déjà de prolonger leur lutte contre la privatisation de l'entreprise publique, en débat à l'Assemblée nationale. Selon la direction de GDF, le taux de grévistes à la mi-journée était de 20,5 % contre 13,4 % lors de la dernière grève de juin. À EDF, il s'élevait à 16,5 % contre 9,9 % en juin. À l'appel des fédérations CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et Unsa, les manifestants entendaient peser sur le vote des députés qui poursuivent jusqu'au 22 septembre l'examen laborieux des quelque 137 000 amendements déposés sur le projet de loi prévoyant une baisse de la part de l'État dans le capital de GDF, de 80 % actuellement à 34 %. Le défilé parisien, de République à Saint-Lazare, a réuni 2300 personnes selon la police et 7000 selon les organisateurs, soit plus du double dans les deux cas de la manifestation du 20 juin. Bernard Thibault (CGT) a prévenu que les syndicats « envisageaient d'autres étapes, parlant d'un « processus de longue haleine ». « Il ne suffit pas que le Parlement vote une loi pour que les choses soient réglées », a-t-il rappelé, en allusion au CPE. « On est dans quelque chose qui peut durer plusieurs mois », a confirmé Jean-Claude Mailly (FO). La majorité montre elle-même des divisions sur ce dossier. Le député UMP de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, est venu au départ du défilé parisien « dire bravo ! » aux manifestants. Demandant la suspension du débat à l'Assemblée, il a assuré qu'une « cinquantaine » de parlementaires de la majorité était opposée à la privatisation de Gaz de France.











