La France détient le record mondial des redoublements dans l'enseignement secondaire, alors qu'elle dépense davantage pour ses collèges et lycées que la moyenne des pays de l'OCDE. « En France, 38 % d'une classe d'âge (15 ans) a redoublé au moins une fois », a résumé hier Éric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation à l'Organisation pour la coopération et le développement économiques, lors de la présentation à Paris de son rapport annuel Regards sur l'Éducation. Ce très fort taux de redoublement est « inutile », jugent les experts de l'OCDE. Non seulement parce qu'il ne prémunit pas contre l'échec scolaire, mais surtout parce qu'il coûte cher en augmentant le nombre d'années passées à l'école. À l'inverse, recommencer une classe n'existe pas au Japon ou en Norvège, des pays régulièrement bien notés. « Pour le secondaire, la France est bien au dessus (+20 %) de la moyenne de dépense par élève des pays de l'OCDE », a détaillé Bernard Hugonnier, directeur adjoint de l'éducation à l'OCDE. Au lycée notamment, la France dépense presque 10 000 dollars (environ 8000 euros) par élève, alors que la moyenne de l'OCDE tourne autour de 7000 dollars (environ 5600 euros). Elle arrive cependant loin derrière le Luxembourg, la Suisse et la Norvège qui consacrent les sommes les plus importantes pour le secondaire. En revanche, selon M. Hugonnier, « si on fait la somme des dépenses pour le primaire et le secondaire en France, on est un peu inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE ». Le nombre de redoublements n'est pas le seul facteur de dépense. L'OCDE pointe aussi du doigt le nombre des heures d'enseignement : de 7 à 14 ans, un élève reçoit 7500 heures de cours en France alors que la moyenne des pays de l'OCDE est autour de 6000 heures. Elle descend à 5000 heures en Finlande. « Les 2500 heures d'enseignement en plus en France par rapport à la Finlande ne donnent pas de résultats », estime M. Hugonnier, suggérant que les programmes pourraient être allégés. La France se montre en revanche bonne élève pour les frais d'inscription dans le supérieur (université) qualifiés de « modestes ». « Ils varient de 156 à 462 euros pour une formation de niveau universitaire », relève le rapport. À titre de comparaison, « les frais d'inscription demandés par les établissements publics aux étudiants nationaux dépassent la barre des 2000 dollars (environ 1600 euros) par an dans un tiers des pays qui ont tous la particularité de se situer en dehors de l'Europe ». Mais, selon M. Charbonnier, dans ce domaine aussi, des économies sont encore possibles en France grâce à une meilleure orientation.











