Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy, dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France, a déclaré que les retraites spéciales « devront être réformées au début de la prochaine législature » et que « cela figurera dans le projet de l'UMP ». Dès l'ouverture de la séance au Palais Bourbon, la gauche se déchaînait. Citant des propos de Nicolas Sarkozy du 15 juin 2004 garantissant la pérennisation des retraites des gaziers et électriciens, François Brottes (PS) s'élevait contre « un reniement de plus ». Le président de la commission des Affaires économiques, Patrick Ollier (UMP), un peu gêné, assurait qu'il y avait « débat au sein de l'UMP ». Mais dans les couloirs, le villepiniste Jean-Pierre Grand tempêtait, exigeant que M. Sarkozy « désavoue » M. Fillon, accusé d'avoir sorti « ce chiffon rouge pour exciter la gauche et les syndicats ». « Ça ne peut pas être involontaire », disait-il, soupçonnant les sarkozystes de vouloir saboter le projet de privatisation porté par Dominique de Villepin. « Je n'ose pas imaginer qu'on puisse vouloir mettre de l'huile sur le feu », confiait le député du Bas-Rhin Yves Bur. Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, a dû rappeler à l'ordre ses troupes lors de la réunion de groupe en les sommant de « ne pas se tromper de combat » dans la perspective de 2007, tandis que les porte-parole parlaient de « position personnelle » de M. Fillon. Mais pour le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, les propos du sarkozyste Fillon seraient « révélateurs d'une conception autoritaire du pouvoir ». Pour les communistes, Marie-George Buffet jugeait « choquante » la volonté de remise en cause des régimes spéciaux. Quant à l'UDF, favorable à une telle réforme, son président François Bayrou et son porte-parole François Sauvadet relevaient que cette annonce intervenait alors que l'UMP est « au gouvernement depuis cinq ans ».











