« C'est une nouvelle douche froide », estime Alexander Law, économiste de Xerfi, déplorant le « très fort creusement » du déficit, à 3,7 milliards d'euros en juillet contre 2,375 milliards (révisé) en juin. La veille, l'Insee avait déjà déçu en annonçant un net repli de la production industrielle, en baisse de 1,3 % en juillet. Alors que l'économie française semblait repartie du bon pied, avec une croissance de 1,1 % au deuxième trimestre, ces dernières statistiques « mettent une nouvelle fois en évidence la fragilité de cette reprise », souligne Carol Hainaut, de Natexis Banques Populaires. Outre un alourdissement de la facture pétrolière, le déficit commercial de juillet est surtout dû à un essoufflement des exportations, tombées à 31,7 milliards d'euros en juillet contre 32,7 milliards le mois précédent. Même si la ministre déléguée au Commerce extérieur, Christine Lagarde, y voit un « réajustement » mais pas un « retournement de tendance », ce recul inquiète les économistes. Car pour eux, le décalage croissant entre les exportations et les importations françaises traduit « un problème structurel de compétitivité » de l'industrie hexagonale. Symbole de ces difficultés : les « déboires » du secteur automobile, selon Nicolas Bouzou, économiste au cabinet Asterès : « La production y est au plus bas depuis six ans » et « les exportations restent stagnantes ». Du coup, le traditionnel excédent commercial de la France dans ce secteur a chuté à 3,1 milliards d'euros, contre 5,3 milliards un an plus tôt. L'aéronautique et le spatial épargnent à la France un déficit encore plus lourd : 19 Airbus ont été exportés en juillet pour un montant de 1,113 milliard d'euros et la Thaïlande a acheté un satellite pour 77 millions d'euros. Compte tenu de la vigueur persistante de l'euro face au dollar et du ralentissement économique probable de la zone euro en 2007, « un franc redressement du solde commercial n'est donc pas à l'ordre du jour », juge Carol Hainaut. « Il est aujourd'hui difficile de penser que la croissance économique du troisième trimestre puisse être supérieure à 0,5 % », considère Nicolas Bouzou, qui table sur une croissance de 2,3 % pour l'ensemble de l'année. Sa conclusion : « Il était prématuré de déclarer l'économie française sortie d'affaire ».
Le Qatar a réceptionné lundi un Airbus A340-600.Photo AFP











