La France a fait une démonstration de force sur le port de Beyrouth, en débarquant quatorze chars Leclerc, ainsi que quelque 200 blindés, véhicules, pièces d'artillerie lourde AUF-1 et autres radars Cobra. La fierté des équipages des Leclerc était palpable hier sur les quais brûlants du port. « C'est le meilleur char du monde et on est là pour maintenir la paix », résumait le pilote de l'un d'eux, le brigadier chef David Dubut. Fleuron de l'armée de terre française, le Leclerc impressionne. « C'est le plus puissant du monde et on peut tirer jusqu'à 40 km/h sur 360 °. C'est le seul char à pouvoir le faire », s'émerveille son pilote. Mais sans règles d'engagement tout aussi précises et robustes que leur arsenal, les 900 soldats français pourraient être aussi impuissants à faire taire les armes que leurs prédécesseurs de la Finul 1. La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, l'a réaffirmé lundi : « Nous avons fait préciser que nos militaires auraient le droit de tirer dans un certain nombre de conditions et de passer en force dans d'autres conditions. » Sur le théâtre libanais, les équipages des Leclerc sont sans état d'âme. « Si on nous tire dessus, on tirera, c'est notre métier », déclare le brigadier chef Dubut. La question de la légitime défense semblant réglée, reste celle du rôle que jouerait le contingent français s'il se trouvait pris sous les tirs croisés du Hezbollah et d'Israël. Le lieutenant-colonel Patrick Le Roy, venu avec les chars Leclerc du 6e-12e régiment de cuirassiers, l'assure également : « Il n'y aura pas d'impuissance des forces de la Finul. » Mais sur les conditions d'ouverture du feu, il indique qu'elles « seront précisées dans les ordres que le contingent va recevoir de l'Onu en même temps que la mission et les ordres de déploiement ». « C'est aux forces libanaises d'agir en premier lieu, comme dans tout État de droit », souligne-t-il.











