Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a violemment critiqué hier le gouvernement libanais pro-occidental après la visite du Premier ministre britannique Tony Blair à Beyrouth, exacerbant la crise politique au pays du Cèdre ravagé par l'offensive israélienne. Il s'agit de la deuxième attaque en règle du Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, contre le Premier ministre Fouad Siniora en moins de 24 heures, après un appel lundi d'un député du parti chiite à la démission du gouvernement. « La première erreur commise par le Premier ministre et les forces politiques qui lui sont favorables, est qu'ils se sont comportés d'une manière immorale et inhumaine à l'égard c…s des gens qui ont été tués, blessés, détruits et déplacés » durant la guerre, a déclaré M. Nasrallah à la télévision Al-Jazira. En invitant Tony Blair, il y a une tentative délibérée d'« humilier, de nuire, de poignarder et de provoquer » le Hezbollah et sa base populaire, a-t-il accusé. Des centaines de personnes avaient manifesté lundi contre la visite de M. Blair qui n'avait pas soutenu un appel immédiat à un cessez-le-feu au Liban pendant le conflit entre le Hezbollah et Israël du 12 juillet au 14 août. Le même jour, devant des milliers de sympathisants réunis dans le fief du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, un député du Parti de Dieu a exigé, avec une violence sans précédent, le départ du gouvernement auquel participe cependant la formation chiite. « Ce gouvernement doit partir car il est soutenu par une majorité illusoire qui a usurpé le pouvoir », a lancé Ali Ammar. Pour la première fois, le Hezbollah a accusé la majorité anti-syrienne de faire le jeu d'Israël et d'« avoir planifié l'assassinat de la résistance (la branche armée du Hezbollah) en collaboration avec l'Américain et l'Israélien ». Les groupes formant cette majorité ont immédiatement condamné les attaques du Hezbollah. Le ministre des Télécommunications Marwan Hamadé a indiqué que le gouvernement « travaillait à sauver le Liban de la tragédie » après 34 jours d'offensive israélienne. Le député Akram Chehayeb a appelé « les putschistes à revenir à la raison ». Le quotidien progouvernemental « Al-Mostaqbal » a quant à lui accusé le Hezbollah de mener pour le compte de l'Iran et de la Syrie une campagne contre la Finul renforcée. Selon lui, Damas voit avec hostilité le déploiement d'une « Finul navale » au large des côtes libanaises, chargée d'empêcher tout trafic d'armes destinées au Hezbollah.
Le leader islamiste Hassan Nasrallah s'en est violemment pris hier au cabinet Siniora, après la visite lundi de Tony Blair à Beyrouth.Photo AFP











