Un seul avion de la compagnie nationale du Liban est stationné sur le tarmac de l'aéroport international de Beyrouth hier matin. Un vieil hélicoptère de l'armée libanaise effectue une manoeuvre pour décoller, crachant une épaisse fumée noire de ses poumons, alors que de nombreux militaires en arme surveillent les abords des pistes. Pas de bus pour les transferts des passagers, ils doivent se rendre à même le hall de l'aéroport à pied avec leurs bagages. L'immense hall est désert. Imaginez les aérogares d'Orly ou de Roissy, avec personne, des guichets vides sans file d'attente, le tout dans un silence pesant dans le froid de la climatisation qui contraste avec les 38 °C que le mercure affiche à l'extérieur. Personne n'est habillé en civil. Tout le monde porte l'uniforme, d'ailleurs il est difficile de faire la différence entre policiers et militaires. Des policiers s'occupent des vérifications des papiers, passeport et visa (obligatoire), puis trois postes de contrôle différent qui vous demandent tous la même chose. Enfin, un gradé de la police nous accompagne vers la sortie. Pas un touriste dans les halls. Les magasins duty-free sont vides. Une campagne d'affiche vous invite d'ailleurs à acheter un produit ; vous en aurez un deuxième (le même) en cadeau… Enfin, on retrouve la chaleur moite et chaude du petit matin. Ciel bleu, brume qui dissimule les gratte-ciel du centre de Beyrouth. Nouveau check point à la sortie de l'aéroport, et re-contrôle des papiers. Enfin, nous roulons sur la voie rapide. Et là, d'énormes pancartes publicitaires vantent les services du Hezbollah. « La victoire divine » et un combattant brandit le drapeau du Hezbollah sur un char lance-roquettes. D'autres vantent la guerre, avec des inscriptions en arabe… Au total, une centaine de panneaux plantés tous les cinquante mètres. À Beyrouth, MacDonald et Coca Cola prennent la suite des panneaux publicitaires. Mais ici, aucune trace de la guerre, et peu de circulation… Juste des colonnes de camions militaires qui patrouillent, viennent perturber le trafic tranquille de cette capitale qui ne demande qu'à revivre.











