Le cargo « Fast Arrow » spécialement affrété par l'armée française pour transporter le matériel lourd destiné à équiper le dispositif de la Finul renforcée, est arrivé hier matin à 6 h. Une fois arrimé le navire arrimé, a commencé le débarquement des véhicules militaires. De leurs côtés, les militaires arrivent par avion, à raison de 200 personnes par jour. L'effectif du premier bataillon promis par Chirac devrait être complet et opérationnel le 15 septembre, comme prévu. Hier sont arrivés une quinzaine d'artilleurs belfortains du 1e r Régiment d'artillerie de Bourogne, chargés dans un premier temps de descendre le matériel et de l'acheminer à la BIEL (Beyrouth international exhibitions and leasures center) — le parc des expositions de la capitale libanaise en quelque sorte — transformée pour l'occasion en ZRA (zone de rassemblement et d'attente) de l'armée française. Les conditions d'hébergement sont encore rudimentaires. Alors que les véhicules légers et les chars AMX 10 descendent du bateau, les militaires belfortains se sont installés à l'ombre des containers, en attendant l'ordre de prendre le volant des camions transportant les batteries de radars Cobra. Sur le quai, il fait déjà 38 °C, et sous les ordres du colonel Marc, chef des opérations de débarquement, les militaires stationnent sur une file les quelque 200 véhicules transportés par le « Fast Arrow ». À noter, 14 chars Leclerc et une quarantaine de blindés lourds, dont les canons AUF1 de 155 mm, plus une centaine de poids lourds. Dès qu'une rame de véhicules appartenant au même régiment est complète, elle part en direction du parc des expositions, escortée par des motards de la police libanaise. Sur le quai, Hassan est venu s'installer avec sa table et ses sandwichs, typiquement locaux. Aujourd'hui, c'est le seul point de ravitaillement pour les nouveaux Casques bleus, qui forment rapidement une file d'attente pour leur casse croûte. On reconnaît le sens indéniable des Libanais pour le commerce : Hassan, qui ne parle pas français, accepte toutes les monnaies : dollars, euros, livres libanaises ou même livres sterling. Sur le port, dont les entrées sont bien gardées par l'armée libanaise, qui vérifie et contrôle tous les passages, la vie a repris. Les ouvriers du port, très sympathiques par ailleurs, surveillent le débarquement, ou tout du moins observent et attendent la fin de la journée pour rentrer chez eux. Dix heures : les Cobra descendent du bateau. C'est la fierté des artilleurs belfortains, qui accompagnent leurs véhicules. Seule une batterie Cobra restera au port, pour la présentation officielle à 14 h 30 du matériel et des chars Leclerc à l'ambassadeur. Passage officiel et diplomatique de rigueur.
Les quatorze chars Leclerc qui viennent appuyer le contingent français de la Finul sont sortis hier des cales du cargo « Fast Arrow », sur le port de Beyrouth.Photo Jean Becker











