C'est tout simplement le batteur du disque reconnu comme le plus populaire de l'histoire du jazz qui se produit ce soir à Colmar. Véritable pierre angulaire du jazz, le fameux « Kind of blue » a permis — et permet encore — à des générations de s'ouvrir au jazz (pour les profanes) ou des horizons. Aux côtés de Miles Davis (trompette), John Coltrane (saxophone ténor), Julian « Cannonball » Adderley (saxophone alto), Bill Evans (piano), Wynton Kelly (piano) et Paul Chambers (contrebasse), Jimmy Cobb a incontestablement gravé son nom dans la légende, entre le 2 mars et le 22 avril 1959. Ce fait d'arme est pourtant loin d'être le seul de sa riche carrière. Né le 20 janvier 1929 à Washington DC, Jimmy Cobb, autodidacte, accompagne d'abord quelques gloires locales, puis Dinah Washington qu'il épouse et dont il devient le directeur musical. Engagé par Cannonball Adderley, il le suit chez Miles Davis en 1958, après s'être déjà produit avec Stan Getz ou Dizzy Gillespie. Aux côtés du grand « Little Davis » (surnommé ainsi en raison de sa petite taille), il forme une section rythmique exceptionnelle : le trio Kelly/Chambers/Cobb enregistre notamment avec Wes Montgomery et Art Pepper.
L'art délicat de la suggestion
Dans les années soixante-dix, il se produit avec Sarah Vaughan et nombre de formations aussi diverses qu'éphémères. À la fin des années quatre-vingt, il accompagne régulièrement la formation de Nat Adderley. En 1991, il enregistre notamment aux côtés de Jesse Davis, le saxophoniste entendu l'an dernier à Colmar avec Kenny Barron, Ray Drummond et Victor Lewis. Jimmy Cobb manie avec justesse l'art délicat de la suggestion et du contraste, ce qui donne une force particulière à son jeu. Si on l'entend rarement en solo, ses courtes improvisations sont à apprécier à leur juste valeur : celle d'une légende bien vivante qui ne s'est jamais reposée sur les lauriers de sa gloire précoce.











