Pour le même prix (85 000 euros), les collectivités alsaciennes ont eu deux versions assez différentes d'une même étude commanditée à l'automne 2005 par la Région et le conseil général du Haut-Rhin sur la situation et les perspectives économiques et financières de l'Écomusée. La seconde et d'ailleurs seule version officielle du travail réalisé par le cabinet Détente Consultants et remis en juillet vient seulement d'être distribuée aux élus de la 8e commission (développement culturel et identité régionale) du conseil régional. C'est elle qui a servi de base au « projet de pérennisation » des collectivités. Mais il existe une autre version, une sorte de projet B, qui est en fait le premier et sur lequel les commanditaires sont beaucoup plus discrets. Les élus PS et Verts du conseil régional en ont fait état hier (lire ci-contre), en « accusant » la Région et le Département « d'avoir caché les résultats » de cette étude et « de ne pas les avoir communiqués aux élus, parce que cela ne les arrangeait pas ! ».
« Une fausse bonne idée »
C'est dommage, parce que le cabinet Détente Consultants apporte des éléments intéressants et positifs sur la situation de l'Écomusée, une structure dont « il faut reconnaître qu'celles fait autant d'entrées que les musées de la Camsa (Communauté d'agglomération de Mulhouse Sud-Alsace) réunis ». « Sans concurrence en France », l'Écomusée développe — lit-on dans la synthèse — un « concept très fort et tout à fait dans la demande comme symbole de l'identité alsacienne », en étant « un des tout premiers équipements touristiques en Alsace ». En rappelant qu'Ecoparcs a « financé sur fonds privés (capital et emprunt) la boutique, le restaurant et l'hôtel » de l'Écomusée, l'étude souligne qu'ainsi Ecoparcs « a évité aux collectivités d'investir de l'argent public sur ces équipements utiles à la bonne marche » de l'Écomusée d'Alsace. Dans ses propositions, le cabinet écarte une fusion entre Bioscope et Écomusée qui serait « une fausse bonne idée », car « ce sont deux logiques différentes ». Enfin, la proposition de cette version va « clairement vers l'acceptation par les collectivités que l'Écomusée soit réellement considéré comme un musée dont la gestion peut être améliorée mais qui doit faire appel à des subventions de fonctionnement pour résorber les déficits inévitables ». Cette version est totalement réfutée par le président du conseil général du Haut-Rhin (lire notre encadré).











